Hypothyroïdie : les bons aliments pour réguler la glande thyroïde

Quand la thyroïde marche au ralenti, tout le corps en pâtit. Pour assurer son bon fonctionnement, il faut manger sainement et limiter les polluants. Explications.

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La thyroïde, une petite glande située à la base du cou, joue mine de rien un rôle essentiel dans le bon fonctionnement de l’organisme. Elle sécrète des hormones, la T3 et la T4, qui apportent des messages vitaux à différents organes et participent notamment à la régulation de la température corporelle, du rythme cardiaque, du transit intestinal, du renouvellement cellulaire, du poids, du système nerveux… Ces rôles variés expliquent que divers troubles apparaissent quand ces précieuses hormones viennent à manquer : fatigue, frilosité, prise de poids, constipation, peau sèche, perte de cheveu, trouble de l’attention… Mais ces symptômes ne sont pas systématiques. Certains les ressentiront presque tous, et d’autres pratiquement aucun. Chaque cas est unique, d’où l’importance de s’écouter.

Une maladie auto-immune

L’hypothyroïdie est une maladie relativement fréquente (3 millions de Français sont traités). Elle touche davantage les femmes (environ 5 femmes pour 1 homme), avec deux pics d’apparition à 20 ans et à 50 ans. Dans la majorité des cas, il s’agit d’une maladie auto-immune : le corps sécrète des anticorps dirigés contre les cellules thyroïdiennes. Si on ne connaît pas bien les causes, « il y a un terrain génétique et des facteurs environnementaux favorisants : les polluants, le stress, le tabac, une alimentation déséquilibrée… » indique le Dr Pierre Nys, endocrinologue-nutritionniste et auteur de Mes programmes thyroïde aux éditions Leduc.s. Dans les pays pauvres où l’alimentation est très carencée, le manque d’iode est la première cause d’hypothyroïdie. Mais chez nous, la malbouffe, peut aussi entraîner des déficiences délétères.

L’iode, le minéral clé

L’iode est indispensable pour fabriquer les hormones thyroïdiennes : la T3 qui comporte 3 atomes d’iode et la T4 qui en a 4. Les stocks d’iode de l’organisme étant faible, il est important d’en apporter quotidiennement par son alimentation. Les principales sources sont les produits de la mer : poissons, coquillages, crustacés. Les œufs et les fromages en apportent également un peu. Pour les personnes végétariennes, une supplémentation peut être envisagée, en particulier pour les femmes enceintes végétariennes : les besoins en iode augmentent au cours de la grossesse car les hormones thyroïdiennes sont indispensables au bon développement cérébral du bébé. Dans les montagnes autrefois, les carences en iode étaient fréquentes et pouvaient entraîner un retard mental chez l’enfant à naître d’où l’expression « crétin des Alpes ».

Sélénium, zinc et magnésium, nos alliés

L’autre bonne raison de mettre des produits de la mer plus régulièrement à son menu, c’est leur richesse en sélénium. Ce minéral est aussi essentiel à la synthèse des hormones thyroïdiennes et il protège la thyroïde de l’inflammation. On le retrouve aussi en quantité dans la noix du Brésil, et dans une moindre mesure dans les légumes. Le zinc, plus présent dans notre alimentation (graines, viandes, fromages…), intervient lui dans l’activation de l’hormone thyroïdienne, afin qu’elle puisse se fixer aux cellules. Le magnésium enfin, dont les 3/4 de la population ne couvrent pas leurs besoins, soutient l’activité de la thyroïde, notamment chez les personnes âgées. Pour ne pas en manquer, il faut privilégier les céréales complètes, manger au moins chaque semaine des légumes secs et croquer régulièrement quelques fruits à coque.

Gare aux perturbateurs endocriniens

Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques qui s’opposent au bon fonctionnement des hormones et notamment des hormones thyroïdiennes. Or l’une des principales sources de perturbateurs endocriniens est notre alimentation. Il y a les pesticides dans les fruits et légumes, les métaux lourds dans les poissons gras, mais aussi les bisphénols et les phtalates dans les contenants en plastiques qui peuvent migrer dans les aliments, ainsi que les composés perfluorés présents dans les poêles antiadhésives. Pour les limiter, il faut privilégier les fruits et les légumes bio, en particulier ceux qu’on ne peut pas éplucher ou brosser, et préférer les petits poissons gras (sardine, maquereau, anchois…) moins pollués. Côté contenants, mieux vaut les prendre en verre et en inox, des matériaux sains.

Quand prendre un traitement ?

« En cas d’hypothyroïdie débutante (TSH entre 4 et 10 mU/l), on recommande juste de revoir son alimentation, de façon à couvrir tous ses besoins en micro-nutriments et en particulier en iode et sélénium. On ne traite que si le patient se plaint de symptômes gênants. En cas d’hypothyroïdie franche (TSH supérieure à 10 mU/l) un traitement médicamenteux (lévothyroxine) est nécessaire pour remplacer les hormones thyroïdiennes défaillantes » explique le Dr Pierre Nys. En fonction de la TSH et des symptômes ressentis, le médecin adapte le traitement. Il faut savoir que contrairement à ce qu’on pense, le traitement n’est pas toujours définitif. Il arrive dans certains cas, chez les patients faiblement traités, de pouvoir l’arrêter. Mais la surveillance devra continuer.

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Article paru dans le numéro Femme Actuelle Hors-série Santé d’octobre 2020

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