Ibuprofène, thalidomide : l’ANSM alerte sur les médicaments à éviter absolument pendant la grossesse

Durant la grossesse, prendre un médicament n’est pas sans risque. C’est ce qu’a tenu à rappeler l’Agence du médicament (ANSM) dans sa campagne d’information lancée ce 2 juin. Elle met en garde sur certains produits, tels que l’ibuprofène, qui peuvent avoir des conséquences sur la santé du bébé. Quels sont les autres médicaments déconseillés pour les femmes enceintes ? On fait le point.

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“Enceinte, les médicaments, c’est pas n’importe comment !”. C’est le slogan de la campagne d’information lancée par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) ce 2 juin. Cette dernière vise à sensibiliser les femmes aux risques liées à la prise de médicaments durant la grossesse. L’autorité sanitaire a décidé de réaliser cette campagne, déclinée à travers des vidéos, des affiches ou encore des interviews d’experts, car elle s’est rendu compte que les futures mamans n’étaient pas assez informées sur les conséquences de la prise de ces produits lorsqu’elles sont enceintes.

Grossesse : les femmes enceintes pas assez informées sur les risques liés aux médicaments

Pour preuve : seules 3 femmes sur 10 se déclarent suffisamment informées sur les risques liés aux médicaments pendant la grossesse, selon un sondage réalisé par l’Institut Viavoice, pour l’ANSM, auprès de femmes âgées de 18 à 44 ans. “En comparaison, près de 7 femmes sur 10 déclarent de manière affirmée se sentir suffisamment informées sur les risques liés à la consommation d’alcool ou de tabac”, peut-on lire dans l’enquête.

De nombreuses futures mamans ont ainsi recours à des médicaments lorsqu’elles souffrent de certains symptômes de la grossesse, tels que des maux de tête, des nausées, le mal de dos ou la constipation. Pourtant, “en principe, les médicaments, y compris ceux vendus sans ordonnance, doivent être évités pendant la grossesse”, indique l’ANSM.

Aspirine, ibuprofène : les anti-inflammatoires sont à bannir durant la grossesse

En général, les femmes enceintes prennent des produits vendus en libre-service dans les pharmacies, tels que le Doliprane, le paracétamol ou le Spasfon, pour soulager leurs maux de grossesse. Problème : certains médicaments, même parmi les plus courants, peuvent augmenter le risque de fausse couche et comporter des risques pour l’enfant, voire même entraîner sa mort. “C’est par exemple le cas des médicaments de la classe des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme l’ibuprofène ou l’aspirine qui ne doivent jamais être pris après le 5e mois de grossesse”, alerte l’autorité sanitaire.

“Si, au premier trimestre, on va pouvoir prendre de l’Ibuprofène en respectant la posologie et le moins longtemps possible, au deuxième et au troisième trimestre, compte tenu des risques, on ne va pas en prendre”, a expliqué à FranceInfo Céline Mounier, directrice de la surveillance de l’ANSM.

Quels sont les autres médicaments contre-indiqués pendant la grossesse ?

Parmi les médicaments les plus à risque et les plus susceptibles de provoquer des malformations, on retrouve aussi la thalidomide (un sédatif et anti-nauséeux), l’isotrétinoïne (un traitement de l’acné sévère), le valproate (un traitement des troubles bipolaires et de l’épilepsie) et le mycophénolate (un médicament antirejet et un traitement de certaines maladies auto-immunes).

L’ANSM a également tenu à signaler que les répercussions sur la grossesse et la santé du bébé n’étaient pas uniquement liées à l’automédication. De graves conséquences peuvent également survenir à cause d’un arrêt de traitement sans avis médical. D’après le sondage Viavoice, près de 4 femmes interrogées sur 10 considèrent qu’il faut arrêter immédiatement tout traitement médical lorsqu’elle apprend qu’elle est enceinte.

Or il peut y avoir des exceptions, notamment en cas de maladie chronique ou si des médicaments sont prescrits dans le cadre de la grossesse. L’autorité sanitaire rappelle qu’il “est important de ne pas arrêter, modifier ou commencer un traitement sans l’avis d’un professionnel de santé, médecin, pharmacien ou sage-femme.”

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