Joaillerie : l'Art nouveau va-t-il détrôner l'engouement pour l'Art déco ?

Entre la réouverture tant attendue de la Samaritaine à Paris et le reboot d’un des fleurons joailliers de l’époque, Vever, l’Art nouveau revient, avec surprise, sur le devant de la scène cette saison.

S’il y a bien un courant artistique qui a su se faire connaître du plus grand nombre, c’est bien l’Art déco et sa rigueur graphique. Un engouement qui a longtemps éclipsé la rondeur poétique de la période précédente, l’Art nouveau. Le mouvement se cantonne bien trop souvent aux yeux de tous à l’architecture allurée de Barcelone, aux entrées Guimard des stations de métro parisiennes, sans oublier les affiches de Mucha célébrant la beauté de Sarah Bernhardt. C’était sans compter un retour en vogue inespéré à l’esprit du début du siècle dernier, opéré par la réouverture imminente de la Samaritaine et le réveil d’une belle endormie de la joaillerie, la maison Vever.

Trésors d’archives

Boucle d’oreille Elixir en or recyclé et diamants de laboratoire, Vever, 3250 €. Disponible sur Vever.com

Femme de tête naviguant depuis des années dans les eaux de la finance parisienne, Camille Vever s’est décidée, aux côtés de son frère jumeau Damien, à remettre en lumière ce patrimoine auprès duquel elle avait grandi. Des médailles décernées à Henri ou Paul Vever aux différentes expositions universelles de l’époque, sans oublier la bible joaillière éditée par son ancêtre et les nombreux trésors d’archives qui trônent entre les héritiers et les archives du musée des Arts décoratifs à Paris.

Par où commencer lorsque l’on s’apprête à tirer un fil aussi centenaire ? Par ancrer ce passé dans un temps résolument présent. Et à ce jeu-là, Camille Vever a choisi de ne faire aucun compromis entre les codes joailliers de l’époque (émail en plique-à-jour, femmes chimères envoûtantes et courbes naturalistes) et son envie d’un bijou éthique, bien dans l’air du temps.

Affaire de famille

Camille et Damien Vever, la joaillerie en héritage.

En un an et demi, Camille Vever scanne le marché actuel, les fournisseurs d’or recyclé et de diamants de laboratoire et se décide à créer cet hybride inédit en corsant le jeu. Car quitte à se lancer dans l’aventure éthique, la jeune PDG tient à se rajouter des obstacles et à répondre à ces objectifs qu’elle a tant fixés par le passé. Son langage en somme. La voici donc nommée par l’état entreprise à mission dans le domaine du luxe et de la joaillerie. Une appellation qu’elle devra régulièrement prouver pour garder sa prétention au 100% no mining et made in France.

Tout juste lancé, ce néo Vever peut en tout cas déjà compter sur le soutien de certaines spécialistes en joaillerie vintage qui, loin d’être refroidies par l’apparition d’un diamant de synthèse sur des pièces aussi précieuses, y voient plutôt une suite logique de ce mouvement sismique qui réagissait alors à son époque et à ses changements de société.

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