La défense si "monde d'avant" du photographe accusé d'agression sexuelle par Emily Ratajkowski

Dans une tribune relayée par le New York Magazine mardi 15 septembre, le mannequin américain de 29 ans affirme avoir été agressée sexuellement par le photographe Jonathan Leder en 2012 après une séance photo de lingerie. Ce dernier dément les faits avec des propos outrageants.

À partir de quand un mannequin possède sa propre image ? C’est l’épineuse question à laquelle tente de répondre le top model américain Emily Ratajkowski dans une tribune publiée mardi 15 septembre dans le New York Magazine. La jeune femme de 29 ans raconte comment son autonomie et son consentement ont été bafoué à de multiples reprises au cours de sa carrière. L’actrice de Gone Girl rapporte notamment avoir été agressée sexuellement par le photographe Jonathan Leder lors d’une séance photo de lingerie en 2012, alors qu’elle avait 20 ans.

En vidéo, Emily Ratajkowski : du mannequinat au féminisme

“Une partie de moi s’est dissociée”

Les faits se sont déroulés au domicile du photographe, près de New York dans les Catskills. L’agent d’Emily Ratajkowski l’avait envoyée là-bas pour réaliser des photos pour le magazine Darius. Avant de démarrer le shooting, elle accepte un verre de vin, puis deux, puis trois, parce que dans ce milieu, dit-elle, «il est important d’avoir une réputation à la fois de bosseuse mais qui reste cool». Ce sera des photos de lingerie, ce qu’elle apprend sur place mais qui ne la dérange pas. Elle a l’habitude.

Quand Jonathan Leder lui lance “essayons nue maintenant”, elle s’exécute machinalement. «La seconde où j’ai laissé tomber mes vêtements, une partie de moi s’est dissociée», se souvient-elle pourtant. Le shooting se poursuit jusque tard dans la nuit et la maquilleuse quittera les lieux, laissant le top «très, très alcoolisé» seule avec le photographe. «Je ne me souviens pas l’avoir embrassé mais je me souviens de ses doigts en moi, précise le mannequin. De plus en plus fort (…) ça me faisait vraiment, vraiment mal. J’ai attrapé instinctivement son poignet et j’ai retiré sa main avec force. Je n’ai pas dit un mot. Il s’est levé brusquement et est parti silencieusement dans l’obscurité.»

“Une victime, vraiment ?”

Interpellé par les médias, le photographe nie en bloc les allégations d’agression sexuelle et a déclaré au New York Magazine que les accusations du mannequin sont «trop ​​farfelues et enfantines pour y répondre». Selon le magazine, il a ajouté : «Vous savez de qui nous parlons, n’est-ce pas? C’est la fille (…) qui rebondissait nue dans le clip de Robin Thicke (Blurred Lines, NDLR). Vous croyez vraiment que quelqu’un pense qu’elle est une victime?» Dans les colonnes du Daily Mail, il ira jusqu’à pointer du doigt une affaire purement marketing : «Je me sens mal pour elle qu’elle en soit au point de sa carrière où elle doit recourir à des tactiques comme celle-ci pour gagner la presse et la publicité. C’est honteux.»

Avant cette tribune, Emily Ratajkowski n’avait encore jamais confié cette histoire à «personne» et avait essayé tant bien que mal de «ne plus y penser». Mais c’était sans compter sur la publication par Jonathan Leder d’un livre sur le mannequin contenant les polaroïds de cette soirée. Suivi par deux autres dont le dernier, sorti en 2019, est intitulé Two Nights with Emily (Deux nuits avec Emily). À l’époque, “Emrata” n’avait pas eu la force de s’engager dans une bataille juridique coûteuse. Il semblerait néanmoins qu’elle ait retrouvé l’énergie. Elle conclut d’ailleurs sa tribune comme suit : «Je resterai comme la vraie Emily, l’Emily qui possède l’art véritable d’Emily, et celle qui a aussi écrit cette tribune. Elle continuera à reprendre le contrôle là où elle peut le trouver.»

Source: Lire L’Article Complet