La tortue à écailles, une espèce en voie de disparition

Cette experte de l’évolution, qui existait déjà du temps des dinosaures, doit faire face au plus grand prédateur de son histoire : l’homme.

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C’est l’une des huit espèces de tortues marines qui peuplent les eaux de notre planète. C’est aussi l’une des plus menacées, classée en danger critique d’extinction depuis 1996. La cause : sa carapace, de soixante centimètres à un mètre de long, aussi belle que recherchée. Sa partie dorsale est formée de treize grosses écailles de couleur variable, allant du jaune au brun foncé. Elles s’emboîtent les unes sous les autres comme des tuiles, d’où le nom de tortue imbriquée qu’on donne aussi à ce reptile. Les membres sont également recouverts d’écailles, plus petites et plus sombres. Le commerce de cette matière noble, prisée depuis des siècles pour la confection de lunettes, de meubles, de bijoux et d’objets décoratifs pourrait signer l’arrêt de mort de cet animal. D’autant que sa chair est très appréciée, notamment dans les pays asiatiques. Bien qu’interdite, la chasse à la tortue imbriquée se poursuit clandestinement, entraînant une chute inexorable du nombre d’individus.

Du nid à la mer

Sexuellement mature entre 20 et 35 ans, la tortue imbriquée se reproduit en mer, mais elle pond sur des plages de sable, dans des nids profonds, qu’elle creuse à la force de ses nageoires. Entre 50 et 200 œufs y sont déposés. Environ deux mois plus tard, les bébés brisent leur coquille et entament un périlleux périple nocturne jusqu’à l’océan. Ceux qui échappent aux oiseaux et aux crabes doivent encore réussir à éviter les dents des poissons et des requins une fois dans l’eau.

Une vie de nomade

Qui a dit que la tortue était la championne de la lenteur ? En tout cas, concernant cette espèce, rien n’est plus faux ! Cette athlète très endurante effectue des trajets migratoires pouvant atteindre 1 600 kilomètres, afin de rallier les lieux de ponte depuis les zones où elle vit, en se nourrissant principalement d’éponges. Si elle se laisse en général porter par les courants marins lors de ses déplacements, elle peut atteindre 24 km/h en vitesse de pointe !

Il y a deux sous-espèces

Eretmochelys imbricata est le nom savant de la tortue à écailles. L’une est présente dans l’océan Atlantique, l’autre dans les océans Pacifique et Indien. Cet animal évolue dans toutes les eaux de la planète, depuis les Antilles, où on l’appelle tortue caret, jusqu’à l’Australie. Lorsqu’elle est menacée par le requin-bouledogue ou le requin-tigre, deux de ses rares prédateurs, elle peut se réfugier dans des grottes sous-marines.

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Article paru dans le numéro Femme Actuelle Jeux Animo n°1 mai-juin 2020

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