Les expositions de la fin d’année 2021 à ne pas manquer

L’automne est là. Les journées sont plus fraîches et le soleil a disparu. Voici donc l’occasion parfaite de passer ses week-ends dans les musées. Les expositions sont nombreuses en cette fin d’année 2021, après l’annulation de nombreuses d’entre elles l’année passée, elles aussi victimes de la pandémie de Covid-19.

Attention tout de même, depuis le mois d’août, l’accès aux musées et donc aux expositions, est strictement encadré par le pass sanitaire. 

Voici notre liste non-exhaustive des expositions à ne pas manquer, à Paris, et ailleurs en France, de Strasbourg à Lyon. 

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Georgia O’Keeffe au centre Pompidou

C’est la première rétrospective consacrée à l’artiste américaine en France. Georgia O’Keeffe (1887-1986) est l’une des plus grandes figures de l’art nord-américain du siècle passé.

L’exposition retrace toute sa carrière avec une centaine de peintures, de dessins et de photographies. Dans les années 1910, elle a d’abord participé à la naissance du modernisme américain. Dans les années 1960, elle est ensuite devenue une pionnière de la peinture abstraite « hard edge ». 

La collection présentée à Paris rassemble des oeuvres du Musée Georgia O’Keeffe de Santa Fe, du MoMA, du Metropolitan Museum de New York, du Whitney Museum of American Art, Art Institute de Chicago, Musée Thyssen-Bornemisza de Madrid…

P.W.

Centre Pompidou, Place Georges-Pompidou, 75004 Paris, du 8 septembre au 6 décembre 2021.

Vivian Maier au musée du Luxembourg

Elle est l’une des plus grandes photographes du XXe siècle, devenue célèbre après son décès, survenu en 2009, soit deux ans seulement après la découverte de son travail. 

Le travail de Vivian Maier (1926-2009) débute à New York, au début des années 1950, puis à Chicago, en 1956, où elle exerce la profession de nourrice pour enfants.

Il ne s’agit pas de la première exposition française, mais le musée du Luxembourg présente des archives inédites, dont des films super 8, des enregistrements audio et des photographies vintage afin de replacer l’oeuvre de l’Américaine dans l’histoire de la photographie. À découvrir absolument.

P.W.

Musée du Luxembourg, 19 Rue de Vaugirard, 75006 Paris, du 15 septembre au 16 janvier 2021.

Chaïm Soutine / Willem de Kooning au musée de l’Orangerie

L’Américain Willem De Kooning (1904-1977) a toujours revendiqué avoir été inspiré par le Français Chaïm Soutine (1893-1943). Cette exposition inédite en a fait son thème principal : comment Soutine a-t-il influencé l’oeuvre de De Kooning ? 

L’oeuvre du peintre d’origine biélorusse a eu un certain écho aux États-Unis, entre 1930 et 1950. Le langage expressionniste de l’Américain puise dans cela. Le déclic de De Kooning a eu lieu lors de la rétrospective Soutine au MoMa de New York, dans les années 1950, puis à la fondation Barnes de Philadelphie.

Le musée présente une cinquantaine d’oeuvres autour de plusieurs thématiques dialoguant entre les deux peintres : la tension entre la figure et l’informe, la peinture de la « chair », et la pratique picturale « gestuelle ».

P.W.

Musée de l’Orangerie, place de la Concorde, 75001 Paris,  du 15 septembre 2021 au 10 janvier 2022.

Enfin le cinéma ! Arts, images et spectacles en France (1833-1907) au musée d’Orsay

L’exposition promet une plongée dans le cinéma pré-XXe siècle comme manière de s’approprier le monde. Le cinéma est alors le produit d’une culture urbaine, portant un regard social et populaire.

Bien avant les frères Lumière, plusieurs artistes et anonymes ont interrogé les images. Dans cette exposition, les premières images de cinéma dialoguent avec l’histoire de l’art du XIXe siècle et l’invention de la photographie, juste avant la sortie des premiers films. 

Le musée d’Orsay présente 300 oeuvres (objets et films) signées Auguste Rodin, Pierre Bonnard, Berthe Morisot, Léon Gaumont, Louis Lumière, Charles Pathé…

P.W.

Musée d’Orsay, 1 Rue de la Légion d’Honneur, 75007 Paris, du 28 septembre 2021 au 16 janvier 2022.

Damien Hirst, Cerisiers en Fleurs à la fondation Cartier

La première exposition institutionnelle consacrée à Damien Hirst en France présente sa nouvelle série de tableaux : Cerisiers en Fleurs. « Les Cerisiers en Fleurs sont tape-à l’œil, désordonnées et fragiles, et grâces à elles, je me suis éloigné du minimalisme pour revenir avec enthousiasme à la spontanéité du geste pictural », prévient déjà Damien Hirst (né en 1965).

Dans son atelier londonien, l’artiste a travaillé sur plusieurs toiles en même temps, auxquelles il a consacré trois ans de travail.

Ses tableaux rappellent le pointillisme, l’impressionnisme et l’action painting. Des couleurs vives, entre figuration et abstraction, devraient permettre aux visiteurs d’appréhender l’automne avec douceur. 

P.W.

Fondation Cartier pour l’art contemporain, 261 boulevard Raspail, 75014 Paris, du 6 juillet 2021 au 2 janvier 2022.

Miss Dior, douze femmes artistes au château de la Colle Noire

On connaissait Natalie Portman, beau et familier visage du parfum Miss Dior, la voilà rejointe par douze artistes contemporaines. Elles sont européennes, américaines, japonaises, chinoises, elles sont plasticiennes, sculptrices, peintres, designeuses, céramistes, dessinatrices, et chacune a été invitée par la maison Dior à livrer sa version de l’iconique flacon au nœud couture et aux notes fleuries et fraîches, lancé en 1947.

Leurs créations font l’objet d’une exposition itinérante dont le parcours démarre au château de La Colle Noire, un havre de paix et de verdure qu’affectionnait Christian Dior, dans l’arrière-pays varois, près de Grasse.

La Française Ingrid Donat a conçu un flacon en verre sablé entouré d’une carapace en bronze, comme protégé par un bouclier. La Néerlandaise Sabine Marcelis a transformé le ruban en objet volant qui porte le flacon et s’enroule autour de lui.

Quant à l’Américaine Anya Kielar, elle a imaginé un petit théâtre en trois dimensions dont l’héroïne est une femme arborant le nœud satin en bandeau. Les douze apôtres dispersent leurs œuvres dans les jardins, les terrasses et les intérieurs du château, exceptionnellement ouvert à la visite.

N.W.

Miss Dior, douze femmes artistes, château de La Colle Noire, 220 RD 562, 83440 Montauroux du 15 octobre au 1er novembre 2021. 

Botticelli, artiste et designer au musée Jacquemart-Andrée

Sandro Botticelli (1445-1510) a toujours privilégié la création en atelier, un élément essentiel de la Renaissance italienne. L’exposition propose un parcours chronologique, dix-huit ans après la dernière rétrospective consacrée au maître italien, au musée du Luxembourg. 

Une quarantaine d’oeuvres sont présentées, venues du Louvre, de la National Gallery de Londres, du Vatican, du Rijksmuseum d’Amsterdam, des Offices de Florence etc, accompagnées de quelques-unes de ses contemporains.

P.W.

Musée Jacquemart-André, 158 boulevard Haussmann, 75008 Paris, du 10 septembre 2021 au 24 janvier 2022.

In Black & White: Martin Parr & Tony Ray-Jones à la galerie Clémentine de la Féronnière

Le photographe Martin Parr fait cet automne la pluie et le beau temps avec une exposition à la galerie Clémentine de la Féronnière, à Paris, enrichie d’un pop-up store où l’on trouve notamment deux objets en éditions limitées : un parapluie décoré de ses photos les plus joyeusement hivernales et un puzzle inextricable aux couleurs de la plage argentine de Mar del Plata, quand baigneurs et baigneuses sont à touche-touche. Réjouissant.

N.W.

In Black & White: Martin Parr & Tony Ray-Jones, Galerie Clémentine de la Féronnière, 51 Rue Saint-Louis en l’Île, 75004 Paris, du 26 août au 20 novembre 2021.

La collection Morozov à la fondation Louis Vuitton

La collection est présentée pour la première fois hors de Russie, quatre ans après la succès de l’exposition consacrée à la collection Chtchoukine par la fondation Louis Vuitton.

Au début du XXe siècle, les frères philanthropes, Mikhaïl et Ivan Morovoz, collectionnaient les peintures des grands artistes français de l’époque, chez eux, à Moscou, acquises entre le début du siècle et la Première Guerre mondiale.

Considérée comme l’une des plus belles collections au monde, la collection Morozov présente 200 oeuvres des grands peintres français modernes : Picasso, Manet, Toulouse-Lautrec, Gauguin, Matisse, Renoir, Van Gogh, Degas, Sisley…

P.W.

Fondation Louis Vuitton, 8 avenue du Mahatma Gandhi, 75016 Paris, du 22 septembre 2021 au 22 février 2022.

Abramovic et Ulay, performances 1976-1988 au Mac de Lyon

Marina Abramovic et Frank Uwe Laysiepen, dit Ulay, ont été invités au musée d’art contemporain de Lyon, en 1986, pour présenter leur cycle de 22 performances, réunies sous le nom Nightsea Crossing. Le musée a ensuite acquis la forme finale de l’oeuvre, choisie par les artistes.

Au fil des années, le Mac de Lyon a mis la main sur l’ensemble de l’oeuvre d’Abramovic et Ulay. À l’occasion de l’exposition, les douze années de leur collaboration sont mises à l’honneur. Y figure notamment The Lovers – The Great Wall Walk, 1988, pièce maîtresse marquant leur séparation, pour laquelle les artistes ont parcouru la Grande Muraille de Chine, à pied, chacun de leur côté, pendant 90 jours. En se retrouvant à mi-chemin, et face à la difficulté de communiquer, Abramovic et Ulay ont compris que leur relation était terminée.

Leurs oeuvres du Mac montrent les limites physiques du corps, d’une relation, des capacités mentales, des codes sociaux et culturels, les conformant dans les stéréotypes de genre, de sexe et de normalité.

P.W.

Musée d’Art Contemporain de Lyon, 81 quai Charles de Gaulle, 69006 Lyon, du 15 septembre 2021 au dimanche 2 janvier 2022.

Experience Goya au palais des Beaux-arts de Lille

L’exposition se vit comme une expérience immersive, à la fois visuelle et sensorielle. En plus des deux tableaux de Goya (1746-1828) que possède le Palais des Beaux-arts de Lille depuis 150 ans, Les Vieilles et Les Jeunes (dont de nombreux secrets persistent, promet le musée), 80 oeuvres y sont présentées, dont la moitié peinte par le génie espagnol.

Experience Goya s’attache à comprendre l’influence que le peintre a eu sur ses contemporains, en présentant des tableaux de Delacroix, Manet, Dali et bien d’autres, mais aussi des extraits d’oeuvres de cinéastes (Sergio Leone, Federico Fellini, Guillermo del Toro).

P.W.

Palais des Beaux-arts, place de la République, 59000 Lille, du 15 octobre 2021 au 14 février 2022.

Jean-Jacques Henner au musée des Beaux-arts de Strasbourg

Le peintre alsacien est à l’honneur dans sa capitale, Strasbourg. Pour la grande rétrospective, réalisée en partenariat avec le musée Jean-Jacques Henner de Paris, 90 tableaux et 40 oeuvres graphiques sont dévoilées chronologiquement, dont plusieurs revenues de l’étranger. 

Cette nouvelle exposition met en avant les différentes parties majeures de la carrière de Jean-Jacques Henner (1829-1905) et ses thèmes favoris : religion, paysages et corps nus.

L’occasion de mieux appréhender un peintre inclassable, ni impressionniste, ni romantique, ni réaliste, ni symboliste.

P.W.

Musée des Beaux-arts, 2 place du Château, 67000 Strasbourg, du 8 octobre au 24 janvier 2022.

Bonnard. Les couleurs de la lumière au musée de Grenoble

Au tournant du XXe siècle, Pierre Bonnard est loin d’être le seul peintre à avoir développé une œuvre irradiante autour du nu féminin. Mais son approche n’en reste pas moins singulière. Toute sa vie, il a été obsédé par un modèle quasi unique, son épouse aux hanches étroites, aux seins menus.

Marthe au bain, à la toilette… rarement un artiste aura autant exprimé son amour et son inféodation à une relation qui aura duré un demi-siècle. Son recours fréquent à la photographie le distingue aussi.  S’appuyant sur des cadrages photographiques, Bonnard multiplie les tableaux où le corps féminin est coupé, décentré, légèrement déformé. Les poses sont instables, les contours, flous, les lumières, vibratiles, et les touches de couleurs, portées par l’émotion.

L’exposition réunit quelques-uns des plus beaux nus du peintre – comme La jeune fille aux bas noirs ou La toilette –, ainsi qu’une vingtaine de ses photographies. L’accrochage privilégie aussi paysages, natures mortes et vues de Paris, avec, comme fil rouge, le thème de la lumière et ses différentes couleurs.

Réalisée avec le musée d’Orsay, l’exposition bénéficie de prêts exceptionnels et s’impose comme l’un des évènements phares de la rentrée. 

N.W.

Musée de Grenoble, 5 place de Lavalette, 38000 Grenoble, du 30 octobre 2021 au 30 janvier 2022.

Paul Klee, entre monde au LaM

Trois oeuvres de Klee sont exposées en permanence au LaM. Pour cette exposition, 120 oeuvres sont dévoilées au public, dont une grande partie provient du Zentrum Paul Klee de Berne. 

La question des « origines de l’art » en est la thématique principale. Divisée en quatre parties, l’exposition dédiée à l’artiste allemand Paul Klee (1879-1940) se concentre sur la manière dont les dessins d’enfants, l’art préhistorique, et l’art extra-occidental, qui était appelé « l’art des fous », ont permis au peintre de repenser son art. 

P.W.

LaM, 1 allée du Musée, 59650 Villeneuve d’Ascq, du 19 novembre 2021 au 27 février 2022.

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