Marion, 13 ans pour toujours : un film poignant à voir sur France 4

Nora Fraisse est la maman de Marion, qui s’est suicidée à 13 ans après avoir été victime de harcèlement scolaire. Son livre "Marion, 13 ans pour toujours", adapté à l’écran avec Julie Gayet, est diffusé ce jeudi 5 novembre à 21h05 sur France 4. Interview de Nora Fraisse et Julie Gayet.

Qu’avez-vous ressenti en voyant l’histoire de Marion adaptée à l’écran ? 

Nora Fraisse : J’ai été extrêmement touchée en voyant le film. Il est sobre, juste, digne et le scénario est au plus près du livre et de la réalité. Il met en lumière ce qu’est le harcèlement scolaire : le fait d’être insulté, pris à partie, mis à l’écart, humilié, frappé… Ce sont aussi des blessures psychologiques, des témoins qui ne réagissent pas et qui tournent les yeux lorsque la victime se prend des coups… Le réalisateur a complètement respecté l’histoire de Marion. Notamment lorsque l’on voit la mère de sa meilleure amie venir me voir pour me demander si son nom figure dans la lettre laissée par ma fille, ou encore le directeur de l’établissement qui n’a présenté aucune condoléance… Tout ceci est bien réel !

Julie Gayet : L’histoire est bouleversante. Avant de tourner cette fiction, je n’avais lu que le scénario de Lorraine Lévy et non le livre de Nora Fraisse, afin de rester dans le registre de la fiction. Et lorsque j’ai vu le film, j’ai été particulièrement touchée par l’interprétation de Luana. J’ai par ailleurs rencontré Nora Fraisse sur le tournage, un moment très émouvant !

Qu’espérez-vous de ce film ? 

Nora Fraisse : Il s’agit d’une vraie campagne de lutte contre le harcèlement scolaire. Un moyen de faire prendre conscience aux enfants qui en sont victimes que la situation n’est pas normale. Cela permet aussi de donner quelques repères aux parents afin qu’ils soient plus attentifs aux éventuels signes chez leurs enfants et de montrer aux enseignants qu’ils doivent réagir. Ce film montre également que les enfants sont livrés à eux-mêmes : il y a un manque cruel de moyens et les professeurs ne sont pas formés…

Julie Gayet : Je trouve que c’est le bon moment pour faire ce film. Aujourd’hui, la société prend conscience du problème et est enfin prête à en parler, à expliquer cette réalité à nos enfants. Mais en réalité, le harcèlement commence très tôt. Un jour, en arrivant plus tôt que prévu à l’école maternelle de mon fils, je l’ai surpris en train de se faire ruer de coups à la récréation par l’un de ses petits camarades. C’était son souffre-douleur, et je suis restée tétanisée. Je ne pense pas qu’il m’en aurait parlé et il est compliqué pour les parents de prendre conscience de cette gravité.

Les parents de jeunes adolescents doivent-ils davantage surveiller leur utilisation des réseaux sociaux ?

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Nora Fraisse : Le problème, c’est qu’il n’y a pas de formation à l’usage de ces outils. Si l’on prend l’exemple de l’apprentissage de la conduite, ce n’est pas parce que son enfant a 18 ans que l’on va lui donner les clés d’une voiture ! Il faut passer un code de la route, apprendre à se servir du véhicule auprès d’un moniteur d’auto-école, ou du moins être accompagné. Ce devrait être la même chose avec les réseaux sociaux. Dans les programmes scolaires, il faudrait aussi, au-delà de donner une tablette aux collégiens, leur apprendre à quoi sert l’outil, mais aussi les dangers et les limites. Lors d’interventions dans les écoles, j’essaie de sensibiliser les élèves aux paramètres de confidentialités, au “sexting” et “revenge porn”. “Je les mets en garde notamment sur les photos qu’ils publient et sur leurs commentaires, en leur faisant prendre conscience qu’Internet laisse des traces. Le problème, ce n’est pas l’usage que l’on fait de ces photos mais celui détourné que d’autres pourraient en avoir.

Propos recueillis en 2016, lors de la sortie du film.

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