Motion de défiance à « Paris Match » après le départ de Bruno Jeudy

La rédaction de Paris Match a voté une motion de défiance contre la direction après le départ d’un des rédacteurs en chef, Bruno Jeudy, nouvel épisode des tensions qui secouent les rédactions de Lagardère depuis la prise de contrôle par  Vincent Bolloré.

La motion a été votée vendredi, au lendemain de l’annonce du départ du rédacteur en chef politique et économie de l’hebdomadaire, par 60 voix pour, deux contre et huit blancs, sur un total de 78 inscrits à la Société des journalistes, a annoncé cette dernière dimanche soir à l’AFP. « Nous considérons que l’avenir de Paris Match est menacé et ce, dans le contexte de la prise de contrôle du groupe Lagardère, propriétaire de Paris Match, par le groupe Vivendi et son actionnaire de référence, le groupe Bolloré », s’alarment les journalistes. « La presse est un métier qui impose des devoirs et ne peut se cantonner à des opérations financières ou des stratégies d’influence », poursuivent-ils dans une lettre accompagnant la motion.

Bruno Jeudy avait critiqué des choix éditoriaux

La rédaction explique avoir appris « avec stupeur » le départ de Bruno Jeudy : cette « mise à l’écart d’un pilier de Match affaiblit considérablement notre rédaction (…) Elle symbolise au plus haut point l’arbitraire et la brutalité des pratiques managériales ». La rédaction rappelle notamment que Bruno Jeudy avait « critiqué » à plusieurs reprises « l’ingérence » de la direction dans les choix éditoriaux du magazine.

Elle cite notamment « l’absence de couverture (sur) Emmanuel Macron, au lendemain de sa réélection », une première dans l’histoire du magazine, et une première page consacrée, contre l’avis de la rédaction, en juillet, à l’une des figures de proue des conservateurs catholiques, le cardinal Sarah, deux choix critiqués par Bruno Jeudy. Son départ « est un avertissement donné à ceux qui veulent exercer leur métier en toute indépendance, sans céder aux pressions éditoriales. N’importe qui contesterait les choix de la direction prendra désormais la porte », poursuit la rédaction.

D’autres remous dans des titres du groupe Lagardère

Cette dernière avait appris jeudi par un courriel des directeur général et directrice de la rédaction, Patrick Mahé et Caroline Mangez, le départ de Bruno Jeudy, « d’un commun accord » entre les parties selon ce message.

Ce départ marque un nouvel épisode des remous, polémiques et départs dans les trois principales rédactions du groupe Lagardère (Europe 1, le Journal du Dimanche et Paris Match) depuis que Vivendi, contrôlé par Vincent Bolloré, en a pris progressivement le contrôle.

Source: Lire L’Article Complet