Nicolas Bedos orchestre une « Mascarade » sous le soleil exactement

  • Sur la Côte d’Azur, deux jeunes arnaqueurs tentent de s’enrichir.
  • « Mascarade » offre des rôles taillés sur mesure à Pierre Niney, Marine Vacth, Isabelle Adjani, François Cluzet et Emmanuelle Devos.
  • Nicolas Bedos réussit un excellent film entre thriller et comédie de mœurs.

Pierre Niney en gigolo qui exploite Isabelle Adjani ? C’est ce que propose Nicolas Bedos dans le réjouissant Mascarade découvert hors compétition à Cannes en mai dernier. L’acteur est irrésistible face à sa partenaire incarnant une star sur le déclin, qui s’offre la compagnie d’un jeune homme jusqu’à ce qu’une belle arnaqueuse, jouée par Marine Vacth, vienne semer le trouble sur la Riviera.

« C’est un film noir avec de l’humour et du soleil autour », expliquait Nicolas Bedos au Festival de Cannes. Il s’est inspiré de scènes dont il a été le témoin et d’anecdotes qu’on lui a racontées pour écrire ce jeu de massacre sur la Côte d’Azur. François Cluzet et Emmanuelle Devos ne sont pas les derniers à participer à ce conte cruel où les sentiments comme les ego sont mis à rude épreuve.

Plumer ses aînés

Le réalisateur de La Belle époque n’y va pas avec le dos de la cuillère pour cette comédie de mœurs qui prend des allures de thriller quand le duo de jeunes amants monte une machination pour plumer leurs aînés. « C’est à la fois un drame et une farce, insiste Nicolas Bedos. Une mascarade, ça peut être terrible, c’est une trahison, un mensonge mais ça peut être aussi une fête, une soirée déguisée. » Entre ces extrêmes, le cinéaste entraîne ses personnages dans une farandole de péripéties réjouissantes pour le spectateur. Si la morale en prend pour son matricule, c’est avec un humour vachard que Nicolas Bedos maîtrise, tout comme sa direction d’acteurs. Toutes et tous sont impeccables dans des rôles qui ne les épargnent pas.

« Ce film est en résonance avec des choses que je sentais, à savoir un fossé très important entre les générations, les classes et les sexes, déclare le cinéaste. Il y a une extrême violence, une radicalité légitime mais parfois excessive chez les deux jeunes personnages. » C’est ce que ressent le spectateur quand Isabelle Adjani ou François Cluzet laissent apparaître leur fragilité face à la vitalité des amants qui leur redonnent l’illusion de la jeunesse. La cruauté du propos est servie par des performances impeccables qui parviennent à la fois à faire sourire et à briser le cœur. C’est ce qui fait la force de ce petit bijou aussi méchant que virtuose pour décrire des faiblesses humaines dans lequel il est aisé de se reconnaître.

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