Nos conseils pour avoir un air sain dans la maison

Pour respirer moins de polluants quand on se trouve à la maison, il suffit d’adopter de nouvelles habitudes et de vérifier certains équipements. Suivez le guide.

Restez informée

À l’intérieur, l’air est jusqu’à huit fois plus pollué que dehors. Cette problématique nous concerne tous, que l’on souffre d’allergies ou d’asthme ou que l’on souhaite simplement améliorer sa qualité de vie. La bonne nouvelle, c’est que nous pouvons agir. En suivant deux axes : limiter l’exposition aux polluants et renforcer la ventilation.

Traquez les activités polluantes

Certaines de nos activités quotidiennes dégradent la qualité de l’air intérieur. Faire le ménage, par exemple, est loin d’être anodin. Tous les détergents, même naturels comme le vinaigre blanc, dégagent des polluants. Utilisez-les avec parcimonie. Évitez l’eau de Javel, les produits parfumés ou en spray, irritants. Privilégiez le nettoyage à l’eau, avec des lingettes en micro-fibres et un balai vapeur. Autre activité « à risque », cuisiner. Un poulet au four ou un steak poêlé, c’est un cocktail de COV et de particules fines qui s’invite au menu. La parade : actionnez la hotte et aérez en grand.

À savoir
La cigarette est la substance la plus néfaste pour l’air intérieur. Ouvrir la fenêtre ne suffit pas, car les particules toxiques se fixent sur les tissus.

Ouvrez les fenêtres

Aérer chaque pièce deux fois par jour pendant 10 minutes : en plus de réduire la concentration de polluants dans l’air, ce geste tout bête a un effet positif sur l’humeur et l’énergie. Une routine essentielle, sachant qu’on passe en moyenne 16 heures par jour chez nous, voire plus si on télétravaille. Quand il fait froid dehors, pas d’inquiétude : il suffit d’environ un quart d’heure pour retrouver la bonne température intérieure, sans avoir besoin de surchauffer.

Pour aller plus loin

Avec des fenêtres motorisées, on peut programmer des créneaux d’aération sur son smartphone, voire automatiser leur ouverture/fermeture (programmes Airflow de K-Line, Somfy air de Somfy, Velux App Control et Velux Active with Netatmo pour les fenêtres de toit Velux).

Évacuez l’humidité

Couplée à une atmosphère chaude et mal ventilée, la vapeur d’eau favorise le développement de moisissures, sources d’allergies respiratoires. Maintenez la température ambiante à 19°C maximum, 22°C dans la salle de bains. Ventilez dès que vous créez de l’humidité : douche, cuisson, lave-linge, sèche-linge, etc. Faites sécher le linge à l’extérieur ou dans une pièce bien ventilée. La nuit, laissez si possible les fenêtres des chambres entrebâillées, pour évacuer la vapeur d’eau que l’on produit en dormant.

Le bon équipement
Si vous n’avez pas de VMC, équipez votre salle de bains et votre cuisine d’un extracteur d’air, aussi appelé aérateur (30€ à 80€ en GSB). Ce petit boîtier, qui s’installe sans gros travaux au mur ou au plafond, permet de ventiler la pièce de façon ponctuelle.

Contrôlez la ventilation

Les logements construits après 1982 sont dotés d’une ventilation mécanique contrôlée (VMC), qui renouvelle l’air en permanence. Motorisé, ce système extrait l’air vicié des pièces humides (cuisine, salle de bains) et fait entrer de l’air neuf dans le séjour et les chambres via des grilles d’aération placées au-dessus des fenêtres. Vérifiez le bon fonctionnement de votre VMC en plaçant une feuille d’essuie-tout devant chaque bouche d’extraction : elle doit rester collée à la grille. Dans le cas contraire, faites appel à un électricien ou à un plombier chauffagiste.

Côté entretien
Deux fois par an, démontez les bouches d’extraction pour les nettoyer à l’eau savonneuse ou au lave-vaisselle. Dépoussiérez régulièrement les entrées d’air avec un chiffon doux.

Entretenez votre chauffage

Vétuste ou mal entretenu, un appareil à combustion (chaudière et chauffe-eau à gaz ou au fioul) peut dégager des polluants. Au premier rang desquels le monoxyde de carbone, un gaz inodore redoutable, mortel s’il est inhalé à fortes doses. Chaque année, faites vérifier votre installation par un pro, qui contrôlera l’étanchéité du conduit d’évacuation des fumées. Si vous vous chauffez au bois, soyez également vigilante. Faites ramoner votre appareil tous les ans. Ne brûlez jamais de bois humide ou de récupération, souvent peint ou traité. À savoir, les cheminées ouvertes (sans vitrage) et les appareils installés avant 2002 sont les plus polluants.

À savoir
Pour éviter l’intoxication, les petits poêles mobiles à gaz ou à pétrole doivent être utilisés de façon ponctuelle et dans une pièce bien aérée.

Animaux domestiques, attention aux allergies

La salive et les poils des chats et chiens contiennent des allergènes, de petites protéines volatiles insupportables pour 20 à 30% d’entre nous. Le plan d’attaque : interdire l’accès de la chambre à l’animal, humidifier ou laver son pelage une fois par semaine, troquer la moquette et autres textiles pour des revêtements lisses (à défaut, les nettoyer très régulièrement). Autres petites bêtes sources d’allergies, les acariens se nichent dans la poussière, la literie, le canapé… Ce sont leurs déjections, en suspension dans l’air, qui sont irritantes. Pour limiter l’exposition, supprimez un maximum d’accessoires textiles (tapis, rideaux, coussins…) et recouvrez le matelas d’une housse anti-acarien.

L’astuce
Optez pour un aspirateur avec filtre HEPA (haute efficacité pour les particules aériennes), afin de ne pas rejeter d’allergènes dans l’air en faisant le ménage.

Achats déco, lisez les étiquettes

Une déco flambant neuve libère des polluants volatils (COV) à cause des colles, vernis et autres finitions entrant dans sa composition. Pour vos meubles, préférez le bois massif aux panneaux imprégnés de colle comme le mélaminé, le stratifié et l’aggloméré, aussi appelé panneau de particules. Côté revêtements (sols, peinture, papier peint…) et produits de bricolage (colle, mastic, vernis…), recherchez l’étiquette A+, qui indique une très faible émission de polluants dans l’air. La présence d’un écolabel (Écolabel européen, Nature-Plus…) est un bon signe.

Notre conseil
Pendant un mois, aérez fréquemment les pièces qui viennent d’être décorées.

Le purificateur d’air, parfois utile

Cet appareil électrique aspire l’air de la pièce pour le faire passer au travers de filtres, chargés de retenir les polluants (poussière, poils d’animaux, pollens…). Pour capter les polluants gazeux (les fameux COV), le purificateur doit être équipé d’un filtre à charbon. Un dispositif efficace à condition d’être bien utilisé. Placez-le au centre de la pièce, laissez-le branché en permanence et nettoyez ou changez les filtres aussi souvent que nécessaire. Évitez les modèles fonctionnant par photocatalyse ou ionisation, leur innocuité n’a pas été démontrée.

Notre avis
L’appareil peut améliorer la vie des personnes asthmatiques ou allergiques. Il faut toutefois continuer à aérer régulièrement et limiter les sources de pollution (parfums d’intérieur, produits d’entretien, etc.).

Les polluants de l’air intérieur

  • Les composés organiques volatils (COV), polluants chimiques à l’état gazeux : formaldéhyde, éthers de glycol, benzène, etc.
  • Les contaminants biologiques, sources d’allergies : moisissures, acariens, salive d’animaux, etc.
  • Les particules fines émises par la fumée de tabac, les gaz d’échappement, la cuisson des aliments, etc.

3 faux amis

L’encens

Censée assainir l’air, sa combustion dégage au contraire un mélange de polluants irritants comme le formaldéhyde et le benzène. Le papier d’Arménie, les bougies parfumées ne font pas beaucoup mieux.

Le spray assainissant

Désodorisants ou désinfectants, les aérosols d’intérieur émettent des substances volatiles allergisantes. Et ce, même s’ils sont composés uniquement d’huiles essentielles, sans gaz propulseur.

La plante dépolluante

Les plantes d’intérieur n’ont aucun effet prouvé sur l’amélioration de la qualité de l’air intérieur. Elles sont même à bannir des chambres, où elles favorisent l’humidité.

Nos remerciements à Cécile Folachier, directrice de l’offre chez Aldes, spécialiste de la ventilation, pour ses explications (aldes.fr)

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