On a recueilli les confidences d’ex de la « Star Ac » sur Grégory Lemarchal

  • En 2004, Hoda, Mathieu et Lucie se trouvaient aux côtés de Grégory Lemarchal dans le carré final de la saison 4 de Star Academy sur TF1.
  • Grégory Lemarchal, qui avait remporté le télécrochet, est décédé en 2007. Treize ans plus tard, plusieurs de ses anciens camarades lui rendent hommage à travers un album hommage dont le premier extrait, Restons amis, vient de sortir.
  • Pour 20 Minutes, Lucie, Hoda et Mathieu se remémorent des moments forts vécus avec Grégory Lemarchal.

Le 30 avril 2007, Grégory Lemarchal succombait des suites de la mucoviscidose à l’âge de 23 ans. Treize ans plus tard, le public garde un souvenir vivace du chanteur révélé en 2004, lors de la quatrième saison de Star Academy qu’il a remportée. Ses anciens camarades du télécrochet ne l’ont pas davantage oublié. Plusieurs d’entre eux se sont réunis pour l’enregistrement d’un album hommage qui sortira le 2 octobre, au profit de l’association Grégory Lemarchal. Alors que
le premier extrait, Restons amis, est disponible sur les plates-formes de streaming depuis vendredi, 20 Minutes a recueilli les confidences de Lucie, Mathieu et Hoda qui, avec Grégory, composaient le carré final de l’émission de
TF1.

Lucie Bernardoni : « J’aurais voulu lui annoncer moi-même sa victoire »

Lucie Bernardoni n’avait que 17 ans lorsqu’elle s’est retrouvée en finale de Star Academy face à Grégory Lemarchal. Elle a écrit La Marelle, une chanson inédite qui figurera sur l’album hommage.

« Pour moi, Grégory est toujours là. Il m’inspire. Il me relève encore aujourd’hui quand quelque chose ne va pas. Je relativise beaucoup. Lorsque je pense à lui, je vois la joie. Quand on perd quelqu’un qu’on aime, on a l’impression qu’il ne restera que la tristesse, le regret de savoir qu’il n’est plus là. Mais, avec le temps, malgré la peine qui persiste, je me souviens de plein d’instants heureux. Notamment des moments plus privés, de discussions, loin des caméras – quand on était filmés, on faisait attention à ce qu’on disait. On pouvait parler de choses complexes de la vie.

Comme les gens l’ont vu à la télévision, Grégory et moi sommes entrés main dans la main dans le château. C’était un hasard. On en est aussi repartis main dans la main. C’était une finale sans compétition, une finale magique. Il y avait un orchestre symphonique, c’était un rêve. Ce soir-là, on avait tous les deux 40° de fièvre, on avait pris froid, on était épuisés. Avant le début de l’émission, on attendait derrière l’écran géant qui devait s’ouvrir pour nous permettre d’entrer en scène. Personne ne nous a avertis du coup d’envoi du direct. On a entendu la musique se lancer et on s’est demandé si ça commençait vraiment. Alors on y est allé mais, quand on est arrivé sur le plateau, on n’était pas prêts. A la fin de la chanson, on n’a pas pu s’empêcher d’en rire. Nikos nous a demandé d’arrêter de nous chamailler.

Je connaissais le résultat, je savais que Grégory gagnerait, j’aurais voulu ouvrir moi-même l’enveloppe pour lui annoncer sa victoire. Je me suis pris une tanasse : 20 % des voix. Avec Greg, on en a ri pendant des années.

Lorsque Mathieu Johann m’a proposé d’écrire une chanson pour l’album hommage, qui parlerait de ce qu’on avait vécu et de ce qu’on ressentait pour Grégory, cela m’a pris de longues semaines. C’est un sujet sur lequel j’avais du mal à écrire. M’est venue l’image de la marelle, illustrant le côté “Terre” et “ciel”. J’ai donc écrit le texte de La Marelle comme un poème. On ne la chante pas, c’est une chanson parlée. Les parents et la sœur de Grégory sont venus en studio le jour où on l’a enregistrée. Ils étaient émus, c’était une jolie récompense. Je n’oublierai jamais ce moment. »

Mathieu Johann : « On croyait tellement qu’on était immortels »

Lors de sa participation à Star Academy, Mathieu Johann avait 24 ans. Son aventure a pris fin en demi-finale face à Grégory Lemarchal. C’est lui qui a lancé le projet Restons amis et produit l’album hommage à son camarade du télécrochet.

« On a saisi toute la chance qu’on a eue d’avoir rencontré Grégory et d’avoir partagé un bout de notre vie avec lui. On a passé quatre mois dans le château, on est ensuite partis en tournée. Ça a été une aventure extraordinaire. S’il y avait un mot pour le définir, ce serait “merveilleux”. Il l’était en tous points. Le mec, le chanteur, le camarade… Je l’avais surnommé Le Petit prince parce qu’il me faisait penser au personnage de Saint-Exupéry avec son espèce d’innocence, sa beauté éclatante. On était tous sous son charme et le public ne s’y est pas trompé en en faisant le vainqueur, de loin.

La saison 4 de Star Academy était à part. On savait pertinemment que Grégory allait gagner. Cela ne faisait aucun doute, pour personne. Il n’y avait pas de suspense, l’affaire était pliée, mais on n’avait pas de problème avec ça. On était heureux pour lui, de le voir s’épanouir, évoluer. Et puis on avait 20 ans, on était portés par nos rêves. On trouvait merveilleux de rencontrer Lenny Kravitz, Beyoncé, Véronique Sanson, Laurent Voulzy… Que des moments de bonheur.

Grégory ne dormait pas avec nous dans le château. Il ne pouvait pas être en contact des moquettes et tout ça en raison de sa maladie. Une chambre avait été aménagée spécialement pour lui, à côté du théâtre. Je me souviens d’un moment inoubliable partagé avec lui. Nous avions débranché nos micros pour avoir une vraie discussion sur son quotidien. Il parlait très peu de sa maladie. Je suis entré dans cette chambre, qui était son intimité. J’ai vu ce que ça représentait en termes d’aménagements, de soins. Il avait du matériel médical autour de lui. Je ne savais pas que c’était ça qu’il vivait. On était tellement innocents, insouciants. On croyait tellement qu’on était immortels et que jamais la vie ne pourrait nous la faire à l’envers. On était conscients que Grégory était malade, on le voyait souffrir parfois, mais personne ne s’imaginait qu’un jour la mucoviscidose l’emporterait. C’était irréel pour nous.

Il y a des moments où j’ai vu Grégory au bord de l’effondrement pendant la tournée Star Ac, mais ce sont davantage les images joyeuses qui me reviennent à l’esprit. Il était très drôle. Quand je l’imagine, je le visualise en train de se retourner vers moi et de me faire un clin d’œil. C’est ce qu’il faisait, pour nous prévenir qu’il allait faire une connerie. »

Hoda : « Son regard est tellement habité qu’il en est paralysant »

Hoda avait 25 ans lorsqu’elle a participé à Star Academy. Elle s’est hissée jusqu’en demi-finale où elle s’est inclinée face à Lucie Bernardoni. Elle vit aujourd’hui à Toulouse.

« Quand j’entends le nom de Grégory, je vois sa bouille et ses yeux en demi-lune, son rire extraordinaire, son côté drôle, taquin et espiègle. Je l’appelais mon poussin. Il était mon ami. Au bout de 15 jours dans le château de la Star Academy, dans l’euphorie des activités et avec son comportement, il avait réussi à nous faire oublier qu’il était malade. Il a instauré un esprit de solidarité, d’unité, c’était dans son caractère.

Le but, pour nous les autres candidats, c’était de décrocher notre ticket pour la tournée et de savoir qui accompagnerait Grégory en finale. C’était une évidence pour nous qu’il gagnerait. Il ne voulait aucun passe-droit, des gens comme Tiburce ou Kamel [les profs de sport et de danse] ont bien essayé parfois de le préserver. Il a toujours refusé, en s’énervant même : il voulait prouver qu’il était capable. C’est une leçon de vie.

Il était important pour lui d’être reconnu en tant qu’artiste – il a dû faire face à énormément de détracteurs au moment de sa victoire – mais alors qu’il travaillait sur son deuxième album, il m’a confié qu’il voulait s’investir davantage auprès des malades, des gens dans sa condition. Il n’en a pas eu le temps.

On a chanté seulement deux fois ensemble sur le plateau de la Star Ac – à chaque fois sur des titres de Johnny Hallyday. J’ai partagé L’envie avec lui. On était fatigués, stressés, mais tout a été effacé pendant ce moment de grâce qu’a été pour moi ce duo/duel. J’ai reçu son charisme en pleine figure. Il y avait des lasers qui sortaient de ses yeux. Son regard est tellement habité qu’il en est paralysant. Plutôt que de me descendre, il m’a hissée vers le haut avec lui. On n’était pas l’un contre l’autre, mais l’un avec l’autre. Le soir de la demi-finale filles, on a chanté Requiem pour un fou. J’avais le pressentiment que j’allais partir. Quand je revois les images, je vois dans ses yeux, ses mains, ce qu’il me donne… toute la tendresse et le respect qu’il a pour moi en tant qu’artiste, au-delà de notre amitié.

Dans le groupe, il n’était pas le dernier pour faire des conneries (rires). Avec Soso [Sofiane], il n’épargnait personne. Je me souviens avoir eu un petit souci avec mon chéri. On n’avait qu’une minute de téléphone par jour. Gregory, m’a entendue, je pleurais toutes les larmes de mon corps. Il a tout fait pour me faire rire, il ne m’a pas lâchée, avec son phrasé, ses blagues, ses câlins. Mon Dieu… Il était là pour nous tous, pour nous embêter, nous faire rire et nous tenir la main. J’ai rarement croisé une personne aussi saine, généreuse, forte et aimante. »

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