P.V.A., Chassol, Deftones… la playlist du cahier musiques de «Libération»

Chaque week-end, la webradio de Tsugi accompagne le cahier musique de Libération.

La découverte

P.V.A., London TNT

Le postulat affirmant qu’en période de crise, sous un gouvernement conservateur, le rock indé britannique retrouve toute sa vigueur et une inspiration sans failles (et parfois un sens renouvelé de la contestation) serait-il en train de se concrétiser sous le règne tumultueux de Boris Johnson ? A en croire les arrivées concomitantes de Fontaines D.C. , Tiña , Working Men’s Club  et maintenant P.V.A., on pourrait bien répondre par l’affirmative.

Formé il y a trois ans à la sortie d’une rave, révélé par un 45 tours sur Speedy Wunderground, le label incubateur de talents lancé par le producteur Dan Carey, le trio P.V.A. (une fille, un garçon, un roux) s’est bâti une solide réputation à l’aide de lives homériques et de DJ-sets improbables. A l’heure du premier EP, il n’y a presque rien d’étonnant à le retrouver sur Big Dada, la division hip-hop de Ninja Tune, devenue au fil des ans le refuge des inclassables en tous genres.

Car s’il y a une chose à retenir de ce Toner (6 titres, dont 3 remixes), c’est que P.V.A. est un bouillon de cultures que les jeunes Ella Harris, Josh Baxter et Louis Satchell n’ont pas connues, mais qu’ils dynamitent consciencieusement. En revisitant le spectre de ses influences – punk-funk façon A Certain Ratio (Talks et ses remixes qui apportent une patine électronique) ou new wave aux inflexions martiales (le très raide Sleek Form et l’épique Exhaust / Surroundings) –, P.V.A. livre en trente petites minutes la bande-son d’un automne sous Covid. Une assiette anglaise glaçante, mais pas désespérée.  Benoît Carretier

Toner (Big Dada)

La play-list

Chassol, Sweet Jesus

Arrivé trop tard sur nos platines pour notre 5 sur 5 des albums de Noël, le talentueux Chassol et son label Tricatel nous gâtent avec un album de saison enregistré avec le chœur de l’orchestre de Paris dont est extrait ce Sweet Jesus particulièrement velouté.

Feadz, Superstar Kamala

Toujours incapable de choisir entre rap et techno, Feadz rend hommage à la vice-présidente américaine Kamala Harris avec ce titre puissamment électro extrait d’un maxi aussi turbulent qu’inventif.

Superfunk, Lucky Star feat. Ron Carroll (Landser Acoustic Version)

On fête les 20 ans de ce tube de la french touch. Landser lui offre un salutaire lifting acoustique quasi bossa, bien loin des vrombissements de la house filtrée, où le chanteur de Chicago est à l’honneur. C’est quand même lui qui fait une grosse partie du boulot.

Deftones, Pink Maggit (Squarepusher remix)

Les métalleux ont fait remixer un de leur célèbre album par un impeccable casting allant de Robert Smith à DJ Shadow, Trevor Jackson ou Purity Ring. Le résultat est souvent réussi à l’image de cette version tellurique par Squarepusher. Ça nettoie les oreilles.

Animal Triste, Dancing In The Dark

S’il existe très peu de reprises de Springsteen, c’est que le Boss est bien sûr unique. On salue donc la réussite de ce sextet composé de membres de Darko et La Maison Tellier qui transforme, sans trop rudoyer, un des plus grands hits de l’icône du New Jersey. Fort bien

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