Présidentielle : petites phrases et craquages… Ces débats qui ont pesé sur le second tour

Les détails de la préparation de la confrontation entre les deux candidats du second tour, mercredi 20 avril à 21 h 10 sur TF1 et France 2, sont tenus secrets. Le journaliste politique Alain Duhamel se souvient qu’un mot ou une attitude peut tout faire basculer…

VGE/Mitterrand : tirade déterminante

"Vous n’avez pas, Monsieur Mitterrand, le monopole du cœur. J’ai un cœur, comme le vôtre, qui bat à sa cadence." On se souvient de la tirade de Valéry Giscard d’Estaing à l’attention du candidat du Parti socialiste. Alain Duhamel, consultant aujourd’hui pour BFMTV, arbitrait ce moment télé le 10 mai 1974. "Giscard y était favorable, car il était meilleur à la télévision que son adversaire", explique le journaliste, à l’initiative de cette rencontre, la première du genre à la télévision française, inspiré par l’affrontement entre Kennedy et Nixon quelques années plus tôt. "C’est le seul débat de l’entre-deux-tours qui a été déterminant sur le résultat. Ils étaient à 50/50 dans les sondages", analyse Alain Duhamel.

Mitterrand/Chirac : chacun son rang

Le 28 avril 1988, le président sortant affronte Jacques Chirac, son Premier ministre de cohabitation. À la peine dans les sondages, celui-ci le défie en lui faisant savoir qu’il n’est pas là comme chef du gouvernement et qu’il considère son adversaire comme un simple candidat. "Vous avez tout à fait raison, Monsieur le Premier ministre", lui assène alors Mitterrand.

Chirac/Jospin : bon mot perdant

"Le 2 mai 1995, les enjeux étaient différents, rappelle Alain Duhamel. Jospin était arrivé en tête au premier tour. Mais Chirac avait des réserves de voix. Il fallait qu’aucun des deux ne commette d’impairs." Mais, avec son "mieux vaut cinq ans avec Jospin que sept ans avec Chirac", le candidat du PS chute. Chirac remporte l’élection et son adversaire devient son Premier ministre en 1997, avant d’être exclu du second tour en 2002. Chirac refusera alors de débattre avec Jean-Marie Le Pen.

Sarkozy/Royal : victoire au calme

Le 2 mai 2007, Ségolène Royal perdait ses nerfs sur la question de la scolarisation des enfants handicapés face à un Nicolas Sarkozy très calme.

Hollande/Sarkozy : sacrée figure de style

Le 2 mai 2012, l’anaphore de François Hollande, qui énumérait ses envies sur l’air de "Moi, président", a fait la différence.

Macron/Le Pen : les nerfs à vif

Le 3 mai 2017, Marine Le Pen, trop offensive, semblait perdue face à Emmanuel Macron. Et son ironie sur les "envahisseurs" a achevé son naufrage médiatique.

Source: Lire L’Article Complet