Prématurité : comment bien accueillir bébé ?

La Journée mondiale de la prématurité a lieu ce 17 novembre. Les conseils de Charlotte Bouvard, fondatrice et directrice de l’association SOS Préma pour aider les futurs et jeunes parents.

Menace d'accouchement prématuré : comment s'y préparer ?

Dans certains cas, la naissance prématurée est prévue et la maman est orientée vers une maternité adaptée. On parle alors de "menace d'accouchement prématuré". Charlotte Bouvard conseille alors aux couples de se renseigner auprès d'autres parents, de prendre conseils auprès d'un professionnel de santé, voire, de visiter une néonatalité afin de mieux se préparer à l'arrivée du bébé. Ainsi, les parents peuvent se rendre compte de l'univers médicalisé (capteurs, monitoring, sondes, réanimation…) tout en échangeant avec l'équipe médicale qui pourra les rassurer sur la prise en charge du nourrisson.

La présence des parents, essentielle pour l'enfant

Dans la mesure du possible, "les parents doivent rester le plus souvent aux côtés de leur nouveau-né, car leur présence est un véritable médicament pour l'enfant", insiste Charlotte Bouvard. Pratiquer le peau à peau, allaiter au sein, ou encore apporter un matelas pour dormir avec son bébé sont autant de choses positives pour l'enfant.

Une chambre individuelle limite le risque d'infections. Selon une étude publiée le 7 janvier 2019 dans la revue médicale The Lancet Child and Adolescent Health, les bébés prématurés placés en couveuse dans des chambres individuelles auraient moins de risques de contracter une infection que s'ils sont placés dans une salle collective. Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont analysé 13 études menées auprès de 4800 bébés nés prématurément au sein de services spécialisés. Dans ces chambres individuelles, les nourrissons peuvent ainsi être soignés dans un environnement sain, et dans lequel l'allaitement maternel ou encore le peau à peau est favorisé. "On suppose que le fait de passer d'une chambre à une autre incite les soignants à respecter plus strictement les consignes d'hygiène", a déclaré le Professeur Jacques Sizun, chef de service de néonatalogie à l'hôpital Morvan (Brest).

Ne pas rester seul(e) et se confier

"Il s'agit  d'un passage de la vie compliqué puisqu'on donne vie, avec une notion de mort", explique la directrice de l'association, et les répercussions psychologiques sont souvent présentes chez les mamans, dont la plupart ont un sentiment de culpabilité. Il est donc essentiel d'en parler. "Il ne faut surtout pas taire l'histoire ou se dire "c'est ma faute", mais au contraire, mettre des mots sur ses sentiments", ajoute-t-elle. "Cette naissance prématurée va provoquer chez les parents des émotions contradictoires: la joie d'être parents cohabite avec l'anxiété vis-à-vis de la santé de leur enfant, la culpabilité vient ternir le bonheur d'être mère. Il y a de doux moments et des périodes de doute, de frustration, de colère", explique quant à elle Myriam Dannay, psychologue de l'association.

Limiter l'impact sur le couple

"Les parents vivent les mêmes choses, mais à des moments différents, et parfois, un écart se creuse", prévient Charlotte Bouvard. En effet, ce traumatisme est mis de côté à la naissance de l'enfant compte tenu de l'urgence de la situation, et va se faire ressentir dans un second temps, au moment de l'arrivée à la maison. En outre, chaque personne réagit différemment. "Les femmes ont le sentiment de ne pas être à la hauteur et il n'est pas rare qu'elle fassent une dépression post-partum", précise-t-elle. Les couples doivent donc s'écouter mutuellement et échanger sur leurs ressentis afin d'avancer ensemble pour le bien de leur enfant.

Faire confiance à l'équipe médicale

"Chaque enfant est unique. L'essentiel est de faire entièrement confiance à l'équipe médicale qui a le même objectif que celui des parents : le bien-être et la santé du bébé", rappelle la directrice de l'association, qui a elle-même donné naissance à un bébé prématuré, Maxence, aujourd'hui âgé de 14 ans et en pleine santé.

Se préparer à la sortie de l'hôpital

Vous appréhendez l'arrivée à la maison, où vous serez désormais seuls à vous occuper de votre bébé. Mais gardez en tête que "les médecins ne prennent aucun risque et s'ils jugent que votre enfant peut sortir de l'hôpital, c'est qu'ils savent qu'il sera en sécurité", rassure l'association. Avant la sortie de l'hôpital, essayez de vous reposer tant que possible de manière à être en forme pour la suite. N'hésitez pas à demander de l'aide autour de vous et à l'inverse, à leur dire aussi que vous préférez ne pas avoir de visites.

Quels équipements prévoir pour un bébé prématuré ?

  • Avoir un réducteur pour siège-auto est indispensable pour tout déplacement en voiture. 
  • Dans son lit, l'enfant doit également être correctement maintenu. Évitez bien entendu les peluches.
  • Pensez également aux vêtements adaptés à sa petite taille. 
  • Enfin, la chambre de votre enfant doit être aérée régulièrement et à bonne température.
  • En outre, si votre bébé est né avant 32 semaines d’aménorrhée et notamment s'il a eu des problèmes respiratoires au cours de la période néonatale, il est recommandé d'éviter la crèche collective, en raison des risques de contaminations des virus.

Des couches pour bébés prématurés

Rappelons que certains industriels commencent à proposer des produits adaptés pour les bébés prématurésPampers a notamment conçu une nouvelle gamme de couches (la plus petite au monde) pour répondre aux besoins spécifiques des nouveaux-nés prématurés. Appelée Pampers Preemie Protection, ces couches mini format sont disponibles en trois tailles P1 (<1,8 kg), P2 (<1kg) et P3 (<500g) et distribuées dans certaines maternités. "Cette nouvelle couche monte moins haut et permet ainsi au cordon ombilical d'être plus dégagé et de rester sec, limitant le risque infectieux", avaient témoigné les équipes de réanimation néonatale du CHU de Rennes, lors du lancement en novembre 2017. Ces couches contiennent notamment : un matelas absorbant à l'avant et à l'arrière pour pouvoir changer le bébé sans avoir à modifier sa position; un matelas plus étroit au niveau de l'entrejambe pour favoriser le bon positionnement des hanches et des jambes; des barrières souples et des matériaux doux, ainsi que des attaches détachables qui peuvent être complètement enlevées et être placées n'importe où, pour s'adapter aux besoins uniques des bébés.

En savoir plus : www.sosprema.com. Permanence téléphonique : 0811 886 888, du lundi au vendredi de 10h à 12h et de 14h à 16h. * Propos recueillis en 2017

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