Rapport inquiétant sur la santé périnatale en France

L’Agence nationale de santé publique France vient de publier son premier rapport sur la santé périnatale en métropole et en outre-mer, avant la période de Covid. De grandes inégalités sont pointées du doigt.

  • Age moyen à l'accouchement 
  • Nombre de naissance en baisse
  • Taux de prématurité en hausse
  • Facteurs de risque
  • En outre-mer

Ce mardi 20 septembre, Santé publique France publie un rapport sur l'état de santé de la femme enceinte, du foetus et de nouveau-né, pendant la période de la grossesse jusqu'au post-partum. Ce document permet pour la première fois d'avoir une vision globale et détaillée concernant la santé périnatale en France et en outre-mer depuis 10 ans, de 2010 à 2019 soit avant la crise sanitaire. En analysant des données et des indicateurs précis, le rapport pointe du doigt une "situation préoccupante de la santé périnatale" dans notre pays. On apprend notamment qu'il y a un "niveau stable et élevé" de prise en charge, un bon point, mais pour autant des "inégalités sociales de santé" se creusent dans les départements et régions d'outre-mer. 

Augmentation de l'âge moyen à l'accouchement 

Sur l'ensemble du territoire français, l'âge moyen à l'accouchement chez les femmes a augmenté en dix ans, passant de 29,3 ans en 2010 à 30 ans et 3 mois en 2018, sauf à Mayotte où il est resté stable (27 ans). Selon les régions, il y a certains contrastes. En métropole, l'âge est plus élevé en Ile-de-France, (31,2 ans en 2016-2019), tandis qu'en outre-mer, "les femmes accouchent plus jeunes, notamment en Guyane, à la Réunion et en Martinique", indique le rapport. Par ailleurs, d'après Santé publique France, l'âge maternel induit un certain nombre de facteurs au cours de la grossesse et de l'accouchement. Chez les adolescentes de moins de 15 ans comme chez les femmes de plus de 35 ans, la prématurité, le faible poids à la naissance, et les anomalies congénitales sont des complications plus fréquentes, avec un risque accru dépassés les 40 ans.

Le nombre de naissance en baisse

Le taux de natalité est en baisse dans toutes les régions en métropole et également dans les départements d'outre-mer, "à l'exception de la Guyane où on observe une tendance globale à la hausse des naissances." Chaque année, les naissances ont diminué, entre 2010 et 2019 on dénombrait 810 000 naissances, et en 2019, 733 000. Certains départements se distinguent des autres, comme le Pays de la Loire et l'Île-de-France qui ont des taux de natalité plus élevés. Selon l'Agence nationale de santé qui s'est appuyée sur les données de l'Insee, cette réalité s'explique notamment par "la baisse de la population de femmes entre 20 et 40 ans depuis le milieu des années 90, ainsi que par la diminution de leur fécondité."

Taux de prématurité en hausse

Parmi les données relatives aux naissances, en France le taux de prématurité est toujours en hausse depuis les années 90. Il est passé de 4,5% en 1995 à 6% en 2016, selon la dernière Enquête nationale périnatale menée par Santé publique France, en collaboration avec d'autres partenaires. Dans le détail, en métropole il est de 7,2 % et de 11,9% dans les départements et régions d'outre-mer. Ces naissances prématurées s'expliquent en partie par des facteurs de risques comme le retard de croissance intra-utérin, les antécédents de santé de la mère, la génétique ou encore des grossesses trop rapprochées. 

Des facteurs de risque aux conséquences dramatiques

Les facteurs de risque qui impactent la santé de la femme enceinte, du fœtus et de nouveau-né persistent. Certains constituent des facteurs de risque majeur comme le tabagisme, responsable de morbidité maternelle et fœtale (grossesse extra-utérine, prématurité etc). Au niveau européen, en 2016, la France est le pays "ayant la plus forte prévalence de tabagisme maternel" : 16,2% des femmes enceintes fument au cours du troisième trimestre. Ces données montrent que "la prévention doit être renforcée chez les fumeuses planifiant une grossesse afin qu'elles augmentent leur chance d'arrêter de fumer quand elles sont enceintes, quel que soit le terme", détaille Santé publique France. 

Les données sur l'évolution de l'IMC (indice de masse corporelle) ont également montré "une augmentation du surpoids et de l'obésité entre 1998 et 2016". Les femmes sont concernées. "Le taux d'obésité morbide estimé à partir des accouchements est passé de 0,4% en 2010 à 0,8% en 2019 pour la France entière." Ce constat est davantage marqué en outre-mer, sauf à Mayotte. 

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    Une situation alarmante en outre-mer

    Dans le rapport, les données et les observations démontrent très clairement que la situation sur l'état de la santé périnatale est particulièrement alarmante dans les départements et régions d'outre-mer. Sur ce territoire globalement, on constate "un taux de mortalité maternelle 4 fois plus élevé qu'en métropole", mais aussi "un taux de mort-nés 1,5 fois plus élevé et un taux de mortalité néonatale (décès entre 0 et 27 jours de vie) 2 fois plus élevé". Les facteurs de risque sont également plus fréquents et certains indicateurs de santé sont critiques. "La Guyane et Mayotte sont les départements où la situation est la plus défavorable", précise le document. 
     

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