Stèle en hommage à Simone Veil profanée en Bretagne : deux hommes mis en examen

Mi-août, la stèle en hommage à Simone Veil, érigée en 2017 dans la ville de Perros-Guirec (Côtes-d’Armor), a été profanée à quatre reprises, en l’espace d’une semaine seulement. 

Jeudi 26 août, deux hommes sexagénaires résident dans les Côtes-d’Armor et inconnus de la justice ont été mis en examen pour “dégradations aggravées, injures publiques aggravées et provocation à la haine” par un juge d’instruction de Saint-Brieuc, annoncent l’AFP et Le Monde

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Deux hommes de plus de 60 ans mis en examen

Les deux hommes mis en examen n’ont pas de “lien entre eux”, ni de “condamnation à leur casier judiciaire”, précise le procureur de la République de Saint-Brieuc, Antoine Loussot, dans un communiqué consulté par l’AFP.

Ils ont été interpellés et placé en garde à vue en début de semaine. L’un d’eux, arrêté mardi 24 août, a nié avoir dégradé la stèle, mais a reconu avoir “rédigé et distribué” des tracts. D’après l’AFP, cité par Le Monde, il s’agissait de “tracts hostiles et injurieux envers Simone Veil”. 

L’autre personne, sous curatelle, est venue “volontairement” à la gendarmerie lundi 23 août. Il a reconnu avoir commis les premières dégradations, mais a nié avoir participé aux dégradations du 14 août, où des inscriptions antisémites ont été découvertes sur la stèle en hommage à l’ancienne ministre de la Santé. Ces derniers faits restent pour le moment “sans auteur identifié”, informe le procureur de la République. 

“Le mobile de leurs actes demeure imprécis et devra être analysé à la lumière des expertises psychologiques et psychiatriques qui seront sollicitées” a ajouté le vice-procureur de la République.

Profanée quatre fois en une semaine

Devant la mairie de la petite ville de Perros-Guirec (Côtes-d’Armor), la stèle installée en hommage à Simone Veil a été couverte de nombreuses croix gammées, une étoile de David, et du message “sa**pe, a du sang sur les mains”, dans la nuit du 10 au 11 août. La mairie avait alors porté plainte.

Le préfet des Côtes-d’Armor a condamné “fermement ces inscriptions” antisémites auprès de Ouest France. Erven Léon, maire de la commune, qualifie cette profanation d'”inadmissible” et “incompréhensible”. La stèle a été nettoyée, après avoir été bâchée pour les besoin de l’enquête.   

Dans la nuit du 8 au 9 août, la stèle avait déjà été profanée, cette fois souillée de “moutarde, excréments” et vomi, cite France bleu. Le monument avait déjà été dégradé quelques jours plus tôt. À ce moment-là, la gendarmerie excluait encore la piste antisémite, mais n’en doute plus désormais. 

Le 14 août, une quatrième profanation a été découverte par les habitants. L’inscription “responsable du génocide” avait été inscrite sur la stèle. Enfin, le 21 août, des tracts antisémites ont été découverts dans les boîtes aux lettres de plusieurs habitants de Perros-Guirec, explique Le Parisien

Cette stèle a été érigée en novembre 2017, peu de temps après la mort de la femme politique. Survivante des camps d’Auschwitz, Simone Veil a donné son nom à la loi légalisant l’avortement en France. Elle est aujourd’hui enterrée au Panthéon, à Paris.

Condamnations politiques unanimes

“#SimoneVeil est une figure française et mondiale des droits des femmes, de l’Europe et de la lutte contre l’antisémitisme. Dégrader sa stèle, c’est dégrader la France ! Ces actes abjects ne doivent pas rester impunis”, a déclaré Marlène Schiappa, ministre déléguée auprès du ministère de l’Intérieur, sur Twitter. 

Dégrader sa stèle, c’est dégrader la France !

La ligue contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA) a quant à elle exprimé “son dégoût profond pour ces faits lâches et abject”.

Une inscription “visant le président Emmanuel Macron”, “Macron techno fasciste”, a également été réalisée sur un bâtiment d’une résidence pour senior à proximité, apprend-on encore sur France bleu. Une plainte a aussi été déposée. 

Le président de la République avait réagi sur Twitter le 14 août, après la quatrième profanation de la stèle : “Jamais nous ne tolérerons que s’installe l’antisémitisme. Pour Simone Veil dont la stèle a été profanée, à tous, je veux le répéter : la France ne reculera pas.”

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