Stress, insomnie… Les bains de forêt, une autre façon de se soigner

Une balade en pleine conscience au contact des arbres peut faire beaucoup pour notre santé mentale.

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Le concept du « bain de forêt » vient du Japon. Là-bas, le shinrin-yoku est une pratique médicale encadrée, et la cure peut durer plusieurs jours. Quarante centres spécialisés accueillent des personnes souffrant de cancer, de douleurs chroniques, de dépression… et mesurent scientifiquement les résultats (en particulier le taux de cortisol dans la salive avant et après). Depuis une dizaine d’années, le principe est importé en Europe, dans un format un peu adapté, car nous sommes culturellement moins connectés à la nature. Différent d’une randonnée en forêt (on n’est pas là pour voir de jolis paysages ni faire de l’activité physique, on marche lentement et sans objectif de distance), le bain de forêt ne se résume pas non plus à enlacer des arbres comme on peut le voir à la télévision. La traduction la plus fidèle de cette activité serait plutôt « s’imprégner de la forêt à l’aide de ses sens ».

Mettre tous ses sens en éveil

« L’idée, c’est d’utiliser ses cinq sens pour être vraiment là, pleinement présent, et laisser de côté les préoccupations et les pensées », explique le Dr Sophie Rasson, psychiatre. C’est cette pleine conscience qui explique les bienfaits observés et distingue la pratique d’une simple balade en forêt. On est invité à écouter le chant des oiseaux, le bruissement des feuilles dans les arbres ou sous nos pas, observer les nuances de couleurs, sentir l’humidité de la mousse ou l’odeur de la terre mouillée, etc. Dans la nature, on passe aussi d’un mode d’attention soutenu, qu’on adopte en permanence lorsqu’on travaille, qu’on lit, qu’on est sur Internet ou sur notre smartphone… à une attention non soutenue. Un véritable temps de repos pour le cerveau, qui booste la concentration, la mémorisation… Enfin, il y a une dimension d’émerveillement face au beau, à quelque chose de plus grand que nous, qui joue sûrement un rôle dans le bien-être ressenti.

Diminuer la douleur, améliorer l’immunité

Les effets physiologiques des bains de forêt sont largement étudiés et démontrés. « Les phytoncides, des substances volatiles libérées par les arbres et les plantes pour se défendre contre les champignons ou bactéries, ont des effets apaisants sur le système nerveux », indique la psychiatre. On observe une diminution de la tension artérielle, de la fréquence cardiaque, des hormones du stress (en particulier le cortisol), mais aussi de la perception de la douleur. Et les premiers bénéfices apparaissent au bout de quinze minutes à peine. Le sommeil et l’immunité sont aussi améliorés (grâce notamment à la stimulation de cellules qui jouent un rôle protecteur dans les cancers et les pathologies inflammatoires). Avec, à la clé, moins de consommation d’antalgiques ou d’hypnotiques chez les adeptes des bains de forêt.

Voir la vie en rose et en vert

C’est dans le domaine de la santé mentale que la méthode est la plus étudiée, avec des bienfaits impressionnants sur l’humeur. « Dans l’ensemble des pathologies psy, on observe une diminution du stress, des émotions désagréables, du niveau d’anxiété. Les patients me disent aussi à chaque fois qu’ils dorment mieux », indique le Dr Rasson. On s’appuie généralement sur des « cures » avec une séance hebdomadaire pendant plusieurs semaines. Si, en France, ce n’est pas encore une pratique de santé reconnue, en Espagne, au Royaume-Uni ou en Suède, elle est recommandée comme activité ayant un impact positif sur le bien-être, au même titre que la méditation ou la sophrologie.

Bains de forêt : marcher sur la bonne voie

Un bain de forêt avec un guide, c’est mieux pour s’assurer de lâcher prise, sans avoir à vérifier le chemin, penser à l’horaire du retour… Une sortie classique dure environ trois heures (un minimum pour changer de rythme), mais il existe aussi des sorties à la journée ou même des immersions sur un week-end entier. Si l’essentiel se déroule sous forme de marche méditative en silence ou d’invitations sensorielles thématiques, des temps de pause sont prévus durant lesquels on échange aussi avec les autres participants (à travers la parole, en créant avec des éléments empruntés à la nature…).

Pour trouver un guide : le site de la Fédération francophone des praticien.nes en sylvothérapie et shinrin-yoku : http://en-chemin-vers.eu.

Merci au Dr Sophie Rasson, psychiatre, guide en bains de forêt.

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