Syndrome métabolique (syndrome X) : définition, symptômes, causes, traitement

En tant que syndrome, le syndrome métabolique est un ensemble de symptômes liés à diverses anomalies consécutives à un excès de graisse au niveau abdominal. C’est plus exactement un excès de graisse dans le ventre, associé à d’autres troubles, qui pose problème, car cela entraîne un risque important de complications cardiovasculaires.

✔️ Validation médicale : Dr Anne-Christine Della Valle, médecin généraliste

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Sommaire

  1. 1.Définition du syndrome métabolique
  2. 2.Symptômes du syndrome métabolique
  3. 3.Causes du syndrome métabolique
  4. 4.Syndrome métabolique : quand consulter ?
  5. 5.Examens et diagnostics du syndrome métabolique
  6. 6.Traitements du syndrome métabolique
  7. 7.Comment prévenir un syndrome métabolique

Le syndrome métabolique est défini selon la présence d’au moins trois symptômes parmi un tour de taille élevé (une surcharge pondérale), un taux de triglycérides et/ou de glycémie dans le sang élevé, une hypertension artérielle et un taux de cholestérol HDL trop bas. Découvrez tout de suite les symptômes, causes et traitement de ce syndrome.

1. Définition du syndrome métabolique

Le syndrome métabolique (ou syndrome de la bedaine), comme l’indique l’Inserm, est l’association de plusieurs troubles liés à la présence d’un excès de graisse à l’intérieur du ventre. Chaque anomalie permettant de définir un syndrome métabolique ne doit pas être prise isolément, puisque c’est l’ensemble de ces troubles qui constitue le syndrome. Il faut savoir que le tissu graisseux intervient dans notre métabolisme et qu’il communique avec les différents organes. Ainsi, en cas de perturbation, donc de syndrome métabolique, le stockage des graisses ne s’effectue plus correctement avec toute une cascade de conséquences au niveau de la glycémie (taux de sucre dans le sang) et du taux de lipides, et avec des réactions inflammatoires. Selon une étude coordonnée par l’OMS (menée par l’Inserm de Lille, de Toulouse, et le Laboratoire universitaire d’Épidémiologie de Strasbourg), en France, 22,5 % des hommes et 18,5 % des femmes présentent un syndrome métabolique, les plus de 50 ans étant les plus touchés.

2. Symptômes du syndrome métabolique

Il est essentiel de comprendre les symptômes du syndrome métabolique puisque ce sont eux qui permettent de le définir. En effet, on parle de syndrome métabolique lorsqu’une personne a un tour de taille jugé trop important, associé à au moins deux autres symptômes parmi les suivants :

  • une hyperglycémie (excès de sucre dans le sang) ;
  • un taux de triglycérides dans le sang trop élevé (hypertriglycéridémie) ;
  • un faible taux de « bon » cholestérol (cholestérol HDL) ;
  • une hypertension artérielle.

À noter que l’OMS, dans sa définition du syndrome métabolique, accorde une grande importance à l’insulinorésistance (trouble caractéristique du diabète), rapporte le document Épidémiologie du syndrome métabolique en France. Tous ces éléments sont bien évidemment associés à un surpoids avec généralement un indice de masse corporelle égal ou supérieur à 30 kg/m². Si avoir un tour de taille un peu trop élevé n’est pas forcément problématique, c’est lorsque plusieurs anomalies sont associées (même si isolément elles paraissent mineures) qu’il faut les prendre au sérieux. D’une façon plus générale, l’organisme va être dans un état inflammatoire chronique qui présente différents risques, notamment au niveau cardiovasculaire. L’inflammation des vaisseaux peut favoriser la survenue de pathologies plus ou moins sévères, telles que l’athérosclérose (dépôts de lipides — plaques d’athérome — sur la paroi des artères). Cette inflammation va également avoir un retentissement sur l’intégrité de la paroi intestinale qui va devenir anormalement perméable et qui va ainsi laisser passer dans le sang des substances pro-inflammatoires. C’est donc un cercle vicieux qui se met en place.

3. Causes du syndrome métabolique

Sans qu’il y ait à proprement parler de causes au syndrome métabolique, on connaît en revanche plusieurs facteurs de risque qui ont été clairement identifiés. Il s’agit de :

  • l’excès de cholestérol LDL (« mauvais cholestérol ») ;
  • une hypertension artérielle ;
  • un diabète ;
  • des antécédents familiaux de troubles cardiaques ;
  • un surpoids ou une obésité avec ses conséquences (hypertriglycéridémie, hyperglycémie, élévation de la pression artérielle).

Comme on le voit, les facteurs de risque du syndrome métabolique sont les mêmes que ceux qui, rassemblés, définissent ce syndrome. Mais les causes mêmes de ces facteurs de risque doivent aussi être mentionnées : le manque d’activité physique (la sédentarité), une mauvaise alimentation et la consommation de tabac ; une mauvaise hygiène de vie en somme. L’hérédité (antécédents familiaux de diabète de type 2) constitue aussi un facteur de risque, mais elle joue un rôle minime en comparaison au mode de vie. Enfin, mentionnons l’âge, puisque le risque d’être atteint du syndrome métabolique augmente lorsqu’on vieillit.

4. Syndrome métabolique : quand consulter ?

Le syndrome métabolique reste longtemps asymptomatique, c’est donc généralement lorsqu’il est déjà à un stade avancé que le diagnostic est posé. Il est important de consulter sans tarder en cas de syndrome métabolique (c’est-à-dire en cas de surpoids ou en recevant les résultats d’une prise de sang inquiétants), car ce trouble fait courir des risques graves, tels que des maladies cardiovasculaires (avec des risques augmentés d’infarctus ou d’accident vasculaire cérébral — AVC), un diabète de type 2, des pathologies hépatiques (stéatose hépatique, voire cirrhose dans les cas les plus sévères), des maladies rénales, des troubles gynécologiques (depuis le syndrome des ovaires polykystiques jusqu’à l’infertilité) ou encore des apnées du sommeil qui ont un impact sur la qualité de vie.

5. Examens et diagnostics du syndrome métabolique

C’est en réalisant un bilan sanguin et un examen clinique visant à mesurer le tour de taille et à déterminer la pression artérielle qu’on peut être amené à diagnostiquer un syndrome métabolique. Dans les faits, on va retrouver :

  • un tour de taille supérieur à 94 cm chez un homme et à 80 cm chez une femme (à noter que les risques de présenter un syndrome métabolique augmentent lorsque le tour de taille excède 102 cm chez l’homme ou 88 cm chez la femme) ;
  • un taux de triglycérides qui dépassera 1,5 g/l ;
  • un taux de cholestérol HDL inférieur à 1 mmol/l (ou 0,4 g/l selon les laboratoires) chez les hommes, ou à 1,3 mmol/l (ou 0,5 g/l) chez les femmes ;
  • une glycémie à jeun dépassant 1,10 g/l.

L’hypertension artérielle est définie par une tension artérielle supérieure à 130/85 millimètres de mercure (le médecin annonce 13 et 8,5 après la mesure au tensiomètre). À noter par ailleurs qu’une équipe de l’Inserm (Unité 1063 Inserm/Université d’Angers) a constaté que des vésicules extracellulaires spécifiques (véhiculant des substances favorisant l’inflammation, les lipopolysaccharides) circulaient dans le sang en cas de syndrome métabolique. Elles pourraient donc être utilisées comme des biomarqueurs permettant d’objectiver la présence de ce syndrome.

6. Traitements du syndrome métabolique

Les premiers traitements du syndrome métabolique visent à améliorer l’hygiène de vie, mais des médicaments sont employés pour traiter les différentes pathologies qui peuvent être associées. L’objectif principal est de prévenir les complications cardiovasculaires (dont les risques d’AVC) et d’éviter l’apparition d’un diabète, car il n’existe en réalité aucun traitement médicamenteux capable de guérir le syndrome métabolique à proprement parler, comme le rappelle la Fédération française de Cardiologie. On va, par exemple, prescrire des médicaments antihypertenseurs pour lutter contre l’hypertension artérielle et/ou des statines ou des fibrates pour lutter contre un excès de cholestérol. Le traitement du diabète est également entrepris, si besoin avec des médicaments destinés à sensibiliser à l’insuline (metformine notamment), afin de faire baisser la glycémie. L’intervention hygiénodiététique fait partie intégrante de la prise en charge. Le sport et une alimentation adaptée donnent en effet de meilleurs résultats pour rétablir une glycémie et une réponse à l’insuline normales que les médicaments. Certains compléments alimentaires peuvent être intéressants :

  • en cas de syndrome métabolique, il est utile de se supplémenter en vitamine E (qu’on trouve aussi dans les amandes, les choux, les patates douces…) ;
  • de même, il est indispensable de faire en sorte de rééquilibrer le microbiote intestinal et de lutter contre l’hyperperméabilité intestinale avec des microbiotiques (compléments alimentaires associant des probiotiques et des prébiotiques) ;
  • la spiruline (qu’on trouve facilement en magasin bio) est utile pour favoriser la régulation de la glycémie et du taux de lipides.

Un suivi régulier est indispensable. Il nécessite de refaire les examens habituels : bilan sanguin, prise de tension…

7. Comment prévenir un syndrome métabolique

Prévenir le syndrome métabolique consiste à éliminer tous ses facteurs de risque, ce qui suppose donc d’adopter une bonne hygiène de vie, avec pour objectif premier de perdre du ventre (5 à 10 % du poids corporel). Concrètement, il faut :

  • pratiquer une activité physique de façon régulière (au moins une demi-heure par jour et cinq fois par semaine) en privilégiant les activités aérobies : marche rapide, jogging, natation, cyclisme, et si possible en augmentant progressivement en intensité et en durée (garder à l’esprit qu’il faut bouger dès que l’occasion se présente : prendre les escaliers plutôt que l’ascenseur, descendre une station avant d’arriver à son bureau, se rendre au travail à vélo…) ;
  • adopter une alimentation équilibrée (on peut privilégier le régime méditerranéen qui comporte une consommation importante de fruits et de légumes — au moins cinq portions par jour) en mettant l’accent sur les oméga-3 (poissons gras, noix, etc.) et les oméga-9 (huile d’olive, avocat, etc.) ;
  • limiter la consommation de graisse (de gras saturé qu’on retrouve dans de très nombreux produits industriels), de sucre, d’alcool, de sel et de repas trop copieux ;
  • cesser de fumer.

Sources :

Inserm, Étude coordonnée par l’OMS (menée par l’Inserm de Lille, de Toulouse, et le Laboratoire universitaire d’Épidémiologie de Strasbourg), Fédération française de Cardiologie

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