Télétravail : 98% des salariés y sont favorables, à certaines conditions

Après plus d’un an et demi de pandémie et de télétravail forcé, le protocole sanitaire en entreprise s’est assoupli, depuis le 1er septembre 2021. Un nouveau protocole censé “redonner la main aux entreprises pour fixer les règles en matière de télétravail”.

Et selon une enquête de la CGT publiée lundi 6 septembre et relayée par Le Parisien/Aujourd’hui en France, il semblerait que ce mode de travail fasse l’unanimité chez les salariés français. 

En effet, 98% des 14.000 salariés interrogés qui ont répondu à ce sondage de l’Union des ingénieurs, cadres et techniciens de la CGT souhaitent continuer à télétravailler même après la crise sanitaire, à raison de 2 ou 3 jours par semaine. 

Les raisons évoquées pour expliquer cet engouement ? La fin des longs trajets quotidiens pour rejoindre leur lieu de travail, la possibilité de mieux organiser ses journées ou encore la productivité. 

Mais si le télétravail est plébiscité, celui-ci suscite également des réserves. 

Problème récurrent : le manque de prise en charge des équipements

L’une des premières réserves qui ressort de l’étude de la CGT est la non prise en charge de l’équipement par l’entreprise. “Alors que c’est une obligation associée au statut de salarié·e, la prise en charge des équipements et des frais de télétravail par l’employeur reste minoritaire et limitée à l’ordinateur portable”, rapporte l’étude. Autre chiffre important : “près de 7 répondant·e·s sur 10 disent que leur employeur ne participe pas, même partiellement, aux frais engendrés par le télétravail”. 

Or, pour rappel, une étude publiée en début d’année 2021 estimait à 100 euros par mois, les frais liés au télétravail pour un salarié. 

Toutefois, cette prise en charge semble être au cœur des discussions inter-entreprises puisque l’enquête souligne que 90% des répondants ont au moins une partie de l’équipement informatique est financée par l’employeur, contre seulement 65% en 2020. 

Explosion du temps de travail et relations sociales en berne

Autre réserve mise en exergue par cette étude : l’augmentation du temps de travail et une frontière floue quant au droit à la déconnexion. En effet, 2/3 des répondant.e.s déclarent recevoir des sollicitations durant leurs périodes de congés, dont 10% systématiquement.

Des chiffres inquiétants pour la santé mentale des salariés, alors que pour rappel, selon l’article.L. 2242-17 du code du travail “tous les salariés bénéficient du droit à la déconnexion, y compris dans les entreprises non tenues de négocier sur le sujet. “Si celui-ci n’est pas respecté l’employeur se verra sanctionné “s’il ne respecte pas la durée du repos du salarié”. (c.trav. art. L. 1222-9). 

Enfin l’autre victime du télétravail continu est l’esprit d’équipe, qui s’est dégradé au sein des entreprises : deux tiers des répondants disent avoir déjà senti de l’isolement en télétravail. Près d’un sur cinq (19%) présente un symptôme dépressif d’après l’échelle définie par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). 

Les différentes négociations internes aux entreprises devront donc se pencher sur ces questions pour intégrer le télétravail comme mode de travail pérenne, tout en prenant soin de la santé mentale de leurs salarié.es. 

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