TEMOIGNAGE. Vincent Kronental : "Échanger avec les gens est la meilleure source de bonheur"

En Islande, Namibie, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Iran et Indonésie, Vincent Kronental et Julie Vialle sont partis à la rencontre d’enfants aux modes de vie si différents. Un voyage d’un an riche d’humanité, à découvrir dans In the Eyes of, dimanche 13 septembre à 11h00 sur Ushuaïa TV.

Comment avez-vous gagné la confiance des enfants que vous suivez dans votre documentaire ?

Vincent Kronental : Pendant deux à trois semaines, Julie et moi avons vécu avec eux, comme eux et parfois même chez eux. Nous avons participé à leur vie tout en les observant et en nous imprégnant de l’ambiance. Ce temps d’observation réciproque a permis de créer cette confiance. Ce n’est qu’après qu’on a sorti les caméras.

Comment avez-vous surmonté la barrière de la langue ?

Quand ils ne parlaient pas anglais, on mettait en place un système de communication à base de gestes et de mots-clés avec un dictionnaire bilingue. On apprenait les rudiments de leur langue pour avoir des conversations basiques. On a engagé un interprète juste pour les interviews, afin d’avoir des questions plus profondes et un vrai développement de leurs réponses.

Que cherchiez-vous à faire avec ce projet ?

On voulait que ces enfants découvrent d’autres modes de vie, d’autres cultures, car ils ont cette curiosité. Certains ont pris conscience de leur chance. D’autres sont devenus fiers de vivre comme ils le font.

Ne craigniez-vous pas de créer de la convoitise chez certains ?

Si, mais ils sont dans une dynamique autre que celle de notre société, où on veut posséder des biens matériels. Ils n’ont pas cette volonté d’échapper à leur vie. Ils se sentent bien là où ils sont.

Qu’est-ce qui vous a le plus surpris chez ces enfants ?

Leur capacité à composer avec ce que la vie leur offre. Ils vivent dans un environnement naturel qui n’est pas forcément très généreux, ni bienveillant. À aucun moment ils ne se plaignent. Est-ce parce qu’ils n’ont pas conscience qu’ils pourraient avoir autre chose ? Est-ce leur résilience ? Leur solidarité aussi est étonnante.

C’est-à-dire ?

Ils vivent dans une communauté et se serrent les coudes. Ils savent qu’ils peuvent compter les uns sur les autres. C’est une voie qu’il faudrait peut-être prendre dans notre société, s’en inspirer. Ils nous ont confortés dans l’idée que l’aspect matériel est secondaire et ne satisfait pas sur le long terme. Le plaisir de passer du temps avec les gens et d’échanger est la meilleure source de bonheur.

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