Test House of Ashes : une structure inégale pour une histoire intéressante

SuperMassive revient pour l’avant dernier épisode de sa Dark Pictures Anthology. House of Ashes s’impose sans difficulté comme un opus intéressant mais avec quelques défauts.

Supermassive en a fait du chemin depuis Man of Medan, qui s’avérait être une expérience très moyenne. La formule s’est largement affinée pour Little Hope qui offrait une bien meilleure narration et une ambiance beaucoup plus oppressante. House of Ashes avait donc la lourde tâche de faire encore mieux que son prédécesseur. SuperMassive a souvent expliqué que chaque jeu servait d’hommage à un genre d’horreur particulier et House of Ashes a des gros accents de survival et va tirer des inspirations évidentes allant d’Alien à l’œuvre de Lovecraft, en faisant un jeu qui s’affine encore une fois côté gameplay, tout en perdant un peu en qualité sur son scénario.

Une construction scénaristique inégale

Pour House of Ashes, on incarne une troupe de GI pendant la guerre d’Irak. En pleine opération pour trouver les armes de Saddam, ces derniers vont tomber dans les ruines d’une cité Akkadienne maudite remplie de monstres qui ne veulent qu’une chose : tuer tout le monde. Du côté de la narration, House of Ashes a un rythme un peu inégal, dans le sens où le jeu commence sur les chapeaux de roue avec un flashback bien foutu avec des Akkadiens et on plonge directement dans le cœur du récit pour ensuite avoir des scènes d’exposition de l’équipe des GIs assez longue jusqu’au moment où ils vont enfin tomber dans la cité maudite. Là encore, si les découvertes des premiers instants captivent et que l’envie de survivre prend vite le pas, la petite troupe se retrouve vite à tourner en rond sans but autre qu’échapper aux créateurs. Le fil rouge de House of Ashes arrive finalement un peu tard pour ensuite nous offrir un final explosif.


L’apparence des créatures est révélée très tôt, enlevant une grosse partie du mystère et on a l’impression que SuperMassive a un peu raté l’occasion de faire quelque chose de bien plus terrifiant. Entre les monstres et les grottes sombres et les couloirs étroits à rendre claustro, il y avait un gros potentiel pour faire quelque chose de très oppressant et les scènes vraiment flippantes ne sont pas nombreuses. Du point de vue purement horrifique, House of Ashes est moins réussi que Little Hope, d’une part parce qu’on a l’impression qu’on ne va pas assez loin, mais aussi parce qu’avec nos militaires bien armés et qu’on ne se sent que très rarement en danger. Il faut cependant reconnaître que la conclusion est beaucoup moins frustrante que l’opus précédent et c’est une bonne chose.


Un gameplay comme du bon vin

Si House of Ashes est assez inégal sur son scénario, le studio a encore une fois affiné son gameplay par rapport à Little Hope. Plus de mobilité et de fluidité (sauf quand on veut interagir avec un objet), des niveaux de difficultés pour les QTE et des indications visuelles ou sonores avant qu’elles arrivent (si jamais on avait posé la manette), ainsi que quelques changements sur l’interface des relations entre personnages Bref, plein de petites améliorations de gameplay et d’interface qui rendent l’expérience global toujours plus agréable. Comme d’habitude, le jeu est plutôt joli et c’est d’autant plus facile de s’immerger dans les sombres profondeurs des ruines.



À plusieurs c’est mieux

On le dit à chaque opus et comme toujours, la grande force de cette Dark Pictures Anthology reste le fait d’y jouer à plusieurs. Que ça soit en mode canapé ou en duo, ça reste super intéressant de coopérer ou privilégier la survie de nos personnages par rapport à celui des autres et d’échanger les informations et les choses que l’on a vu avec son coéquipier. Ça reste la meilleure façon de jouer à un jeu de la Dark Pictures Anthology, surtout que House of Ashes propose une version “Curator’s Cut” qui permet de voir un point de vue différent sur une deuxième run. Par contre, House of Ashes a un problème de répartition des scènes que l’on avait pas dans les deux précédents opus. L’un des joueurs va se taper les quelques scènes les plus flippantes de tout le jeu alors que l’autre va avoir une histoire plus tranquille. Encore une fois, la structure du récit pose problème.


  • Les petites améliorations de gameplay
  • L’ambiance et les décors
  • Le jeu à plusieurs, encore et toujours
  • La structure narrative inégale
  • Un épisode moins terrifiant

Conclusion





House of Ashes apporte pas mal de nouveautés dans son gameplay et son interface, mais perd en échange beaucoup trop de choses sur son scénario. Le rythme est inégal et on a des gros passages à vide entre deux moments marquants. Même en duo, la répartition des scènes intenses entre les deux joueurs n’est pas à la hauteur. Les décors sont superbes et on se sent vite piégé dans les couloirs sombres des ruines Akkadiennes, mais l’impact horrifique est moins fort que dans le précédent opus, et c’est dommage.

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