« Un Français détruit en moyenne 352m2 de forêt par an »

Charlotte Jonchère, responsable développement de la Maisons du Monde Foundation, partenaire de notre événement ELLE Green*, nous expose les principes de l’empreinte forêt, outil visant à sensibiliser aux liens entre consommation et déforestation.

ELLE. Qu’appelez-vous empreinte forêt ?

Charlotte Jonchère. L’empreinte forêt est un concept mis au point par notre partenaire Envol Vert, une association de protection de la biodiversité. L’idée est de faire comprendre à chacun comment réduire l’impact de sa consommation sur les forêts.  Concrètement, Envol Vert a élaboré un quizz sur les achats de cuir, d’appareils électroniques… Grâce à une formule mathématique, ils en déduisent une correspondance en mètres carrés de forêt. Ainsi, un Français est en moyenne à l’origine de l’élimination de 352m2 de forêt par an. A l’échelle du globe, 13 millions d’hectares de forêts disparaissent tous les ans, soit l’équivalent de la superficie de la Belgique. Et la France n’est pas en reste : depuis 1950, 70% des haies bordant nos champs ont disparu, entraînant un effondrement parmi les oiseaux. Bien sûr, certaines régions sont protégées, mais cela ne suffit pas à endiguer des pratiques contestables. D’où l’importance de sensibiliser chacun aux bons gestes.

ELLE. Quels réflexes peut-on tous adopter pour réduire notre empreinte forêt ?

CJ. Plus on va vers le bio, le certifié, le responsable, plus l’empreinte est basse. Et évidemment, la sobriété diminue l’empreinte forêt. Cela induit de savoir réparer nos objets, nos vêtements, de les utiliser le plus longtemps possible. Ne négligeons pas la pression que chaque consommateur peut exercer : nous pouvons exiger de nos magasins, nos cantines d’offrir des produits labellisés, de nous prouver leur engagement. Enfin, des gestes simples permettent d’œuvrer pour le bien de la planète. Etre attentif à la composition des cosmétiques, notamment à leur teneur en huile de palme, est un bon début, de même que réduire nos déplacements en voiture.

ELLE. Et sur le plan alimentaire ?

CJ. Le soja est, avec l’huile de palme, la première cause de déforestation. Or, 64% de sa consommation sert à la production de viande et d’œufs. Restreindre un minimum sa consommation de viande suffit à baisser l’empreinte de chacun. 

La culture de cacao est quant à elle la quatrième de déforestation. D’où l’intérêt d’acheter du chocolat certifié. Dans le commerce, on en trouve à des prix compétitifs : pour un même budget, l’idéal est de consommer moins, mais mieux. Quant au café, une grosse partie de sa production découle de monocultures installées à la place de forêts naturelles. Or, ce type de plantations détruit la biodiversité. Privilégier des boissons équitables permet de réduire l’empreinte forêt tout en s’assurant des bonnes conditions de travail des agriculteurs concernés. J’ajoute que la chicorée, produite de manière plus respectueuse de la planète, constitue une alternative au café.

Par ailleurs, quand on fait ses courses, le mieux est d’opter pour le vrac, mais aussi de privilégier les sacs en tissu, au lieu d’utiliser ceux en papier à disposition : entre 20 et 30% du bois et de sa pâte sont d’origine illégale et contribuent à la déforestation.

ELLE. Chez Maisons du monde, comment sourcez-vous vos produits?

CJ. 70% de notre offre est constituée de bois responsable, venant de forêts durablement gérées. En d’autres termes, nous savons exactement de quelle parcelle provient ce bois, qu’il n’est pas issu de monocultures… Par ailleurs, nous avons la garantie de conditions de travail raisonnables de la part de nos fournisseurs.

Cet article s’inscrit dans le cadre du festival ELLE Green sur les peuples autochtones, co-organisé avec la Fondation GoodPlanet. Les ateliers Maisons du monde y ont proposé une balade en forêt, pour petits et grands, et des conseils pour réduire notre « empreinte forêt ». Tous nos tutos, ateliers et conférences sur l’environnement à retrouver sur green.elle.fr

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