"Une chanson complètement atypique" : Louis Chedid raconte la genèse de "Hold-up"

Louis Chedid a accepté de passer la semaine avec nous dans Le monde d’Elodie. Cinq jours, cinq moments de sa vie, cinq chansons incontournables du titre Hold-up en 1973 à son petit dernier En noires et blanches (2022), créé de concert avec Yvan Cassar. 15 titres revisités avec un dialogue subtil et sur le fil, entre un piano et une voix, quand les mots répondent aux notes sans que l’un ou l’autre ne prenne le pas sur l’autre.

franceinfo : En noires et blanches est une belle façon de redécouvrir votre répertoire. Les mots, les vôtres résonnent. Ont-ils ont toujours résonné, finalement, dans votre vie depuis votre plus tendre enfance ?

Louis Chedid : Oui, parce qu’en fait, je pense que les mots m’ont sauvé. Ce n’est pas que j’étais un mauvais élève, mais l’école ne m’intéressait pas.

Ça a donné La belle (1977) d’ailleurs !

Exactement. C’est vrai. Très tôt, j’ai eu ce besoin de liberté, de décider moi-même, mais très jeune. Et évidemment, dans le carcan de la scolarité, d’autant plus j’étais dans un collège assez strict, catholique, avec des curés, j’étais réfractaire, j’étais la bête noire des professeurs parce que ça ne m’intéressait pas. Sauf une chose c’est le français et les livres. Les livres m’ont sauvé, c’est-à-dire que très jeune, vers 11 ou 12 ans, j’ai commencé à lire beaucoup, mais n’importe quoi !

« J’avais la chance d’être dans une famille littéraire où il y avait une bibliothèque, des bouquins et donc je me suis réfugié, complètement, évadé dans la littérature. »

à franceinfo

Quand on a une maman poétesse, un papa qui excelle en biologie au niveau international, chercheur au CNRS et qui enseigne à l’Institut Pasteur, est-ce que c’est difficile de se construire avec cette excellence dans la maison ?

Non, je ne peux pas dire ça. Au contraire, il fallait que je me démarque. J’étais d’abord : musique et puis ensuite les mots sont venus. Je ne pouvais pas faire de l’ombre à mon père parce que niveau scientifique, mathématiques et tout ça, j’étais tellement nul. Mais j’aurais adoré être chirurgien. Ça, c’était vraiment mon fantasme, petit. Guérir les gens.

C’est un peu ce que vous faites avec la musique !

Oui, il y a certaines chansons qui peuvent effectivement… Des chansons comme : On ne dit jamais assez aux gens qu’on aime qu’on les aime, ça, c’est vraiment une chanson que les gens utilisent beaucoup dans les mariages, même dans les enterrements. J’ai beaucoup de témoignages là-dessus et c’est une chanson qui touche les gens et qui leur fait du bien. Mais bon, ce n’est pas comme enlever un cancer dans un corps !

Vous êtes né en Égypte. Vous êtes arrivé en France à l’âge de six mois. Vous étiez écolier dans l’Institut catholique Bossuet. C’est là que vous avez commencé à chanter en fait.

C’est là que j’ai commencé à chanter parce que j’ai été enrôlé à huit ans dans Les Petits chanteurs à la Croix de bois.

Ça a été un déclic ou pas ?

Oui, enfin, ce qui a été un déclic surtout, c’était que c’était sur les heures de cours et donc moi, j’étais très content. Je n’étais pas obligé d’aller en classe à ce moment-là et en plus, ça a été la première tournée de ma vie. Le curé qui organisait ça nous a emmenés trois semaines en Espagne, on voyageait en car et on chantait dans les églises.

« Petit, j’avais une espèce d’oreille musicale, mes parents étaient frappés du fait que j’entendais un truc et que tout de suite je le rechantais. Et puis, quand je suis tombé sur ma première guitare, instinctivement, j’ai trouvé des choses. Je n’avais aucune connaissance musicale, aucune technique, rien. »

à franceinfo

Vous vous êtes cherché quand même pendant quelques temps car au début, il y a un autre secteur qui vous intéressait, c’était le cinéma. Vous étiez monteur-réalisateur assistant de…

Exactement.

Mais, la musique, cette guitare, vous ont toujours accompagné et à un moment donné, ça bascule. Balbutiements a été un tournant dans votre vie.  Succès d’estime à travers ce disque, mais manque d’estime selon vous de la part de la maison de disques dont vous allez claquer la porte. Ce qui nous amène à l’année 1972 avec l’album Nous sommes des clowns, avec la première version d’une chanson, Hold-up, que vous allez réenregistrer en 1985. Elle représente quoi cette chanson pour vous ?

C’est drôle parce que pour moi, c’est une chanson qui est complètement atypique. Un jour, j’ai eu cette idée, je me souviens exactement que c’était en Seine-et-Marne, dans la maison de ma belle-mère. J’étais dans une pièce comme ça avec mon Revox et puis j’ai eu cette idée : « 9h05, on est entré dans la banque« , l’attaque de la banque quoi et souvent je me suis dit : j’aimerais bien refaire une chanson aussi atypique, mais c’est très difficile parce que ce sont des trucs qui vous tombent un peu dessus. C’est vraiment un one shot comme style de chanson. Et puis alors, ce qui m’amuse beaucoup, c’est qu’il y a beaucoup de DJ ou de gens comme ça qui ont passé cette chanson et qui l’utilisent, qui la sample, moi, ça me plaît beaucoup ça.

Louis Chedid sera en concert : le 27 janvier 2023 à Roche-la-Molière, le 28 à la Seyne-sur-Mer, le 3 février à Noyon, le 16 à Alfortville, le 17 à Vernouillet, le 18 à Tinchebray ou encore le 2 mars à Pace.

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