Violences sexuelles : le PDG Jacques Bouthier incriminé par une vidéo avec une mineure

À la tête d’une fortune de près de 180 millions d’euros, Jacques Bouthier, 75 ans, est au cœur d’une sombre affaire de multiples violences sexuelles et de trafic d’êtres humaines. L’ancien patron d’Assu2000, renommé Vilavi en 2022, a été mis en examen le 21 mai 2022 et placé en détention provisoire « pour traite d’êtres humains mineurs, viols sur mineurs, et participation à une association de malfaiteurs en vue de commettre un enlèvement ou une séquestration en bande organisée. »

L’affaire a débuté en mars 2022, lorsqu’une jeune femme de 22 ans a porté plainte contre Jacques Bouthier, l’accusant de séquestration et de violences sexuelles. Cette dernière, qui était sans domicile fixe, a raconté aux policiers avoir rencontré Jacques Bouthier en 2016, sous les conseils de sa cousine qui lui suggérait de se prostituer. Ensuite, elle dit avoir été obligée de vivre en captivité dans l’un des appartements du patron français, à Noisy-le-Sec, depuis cinq ans. Selon son témoignage, Jacques Bouthier lui demandait des faveurs sexuelles en échange de son toit.

Cette même plaignante a fourni aux enquêteurs une vidéo prise à l’insu de Jacques Bouthier, dans laquelle on le verrait nu dans un lit avec une mineure de 14 ans. Un document sordide, dont les détails ont été dévoilés par Le Parisien.

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Une vidéo prise à l’insu de Jacques Bouthier

C’est la preuve qui aurait lancé l’affaire. Des agents du commissariat du XIXe arrondissement de Paris ont reçu une vidéo prise par Aïcha, qui se disait victime de séquestration et de violences sexuelles de la part de Jacques Bouthier. Dans ce document d’une durée de 1 minute et 9 secondes, la jeune femme filme l’ancien patron français avec une adolescente qu’elle présente comme victime à son tour.

Elena, 14 ans, est en culotte avec l’ancien PDG d’Assu2002, qui lui est nu, dans un lit de leur appartement d’Ile-de-France. On entend le vieil homme dire « elle a peur, la pauvre » et lui réclamer un « câlin », décrit Le Parisien.

Si Aïcha a décidé de piéger celui qu’elle désigne comme son bourreau, c’est parce que la femme de se dernier l’aurait menacée de la virer de l’appartement fin 2020. Jacques Bouthier lui-même lui aurait proposé un marché : « Si tu veux un appartement, tu dois me trouver une petite fille », a-t-elle expliqué à la police lors de son interrogatoire. L’homme d’affaire lui aurait demandé de recruter des petites filles âgées entre 8 et 11 ans, 14 ans maximum.

Lorsque Aïcha a été recrutée elle-même, elle note qu’il « y avait déjà une fille chez lui âgée de 23 ans ». La plaignante l’aurait remplacée, car « elle était trop veille » selon lui. Durant plusieurs mois, la jeune fille aurait eu des rapports sexuels tarifés avec l’homme de 53 ans mais sans pénétration vaginale précise-t-elle.

L’homme d’affaire la considérait alors comme trop âgée à son goût, dit-elle, – la victime était mineure lors d’une partie des faits qu’elles dénonce. Jacques Bouthier aurait alors recruté une nouvelle jeune femme, l’adolescente Elena, qui vivait dans un square.

Les deux victimes sont amies. Pour se sauver et trouver justice, Aïcha et Elena élaborent donc un plan contre l’homme d’affaire incriminé : « L’idée c’était que Bouthier et elle se retrouvent nus et moi je devais prendre le vêtement de Bouthier, les enfermer dans l’appartement et appeler la police », raconte-elle.

Du chantage sexuel pour des victimes en détresse

Lorsque Jacques Bouthier a rencontré Aïcha en 2016, il lui aurait proposé « un arrangement », raconte-t-elle aux enquêteurs, : « Si tu me donnes ta virginité, je vais te donner 4 000 euros et je vais t’acheter un téléphone. » Un échange que la jeune femme accepte et à la suite duquel l’homme d’affaire lui aurait soumis un rapport sexuel brutal.

Lors d’une conversation interceptée par la police, l’ancien patron aurait avoué qu’il soupçonnait qu’Aïcha était mineure et aurait déclaré l’avoir « déviergée ».

Séquestrée dans cet appartement de Noisy-le-Sec, Aïcha aurait été interdite de se réinscrire au lycée. Selon elle, Jacques Bouthier souhaitait qu’elle reste à sa disposition, qu’il puisse l’emmener dans des clubs échangistes afin qu’elle ait des relations avec d’autres hommes.

Lors de son arrestation Jacques Bouthier a reconnu les faits, cependant, il a assuré aux forces de l’ordre qu’il ignorait que la jeune femme était mineure au moment du viol. Celui-ci décrit Aïcha comme une « grosse coquine » auprès des enquêteurs.

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Un projet d’enlèvement bien rodé pour étouffer l’affaire

La vidéo d’Aïcha a failli ne jamais être remise à la justice, Jacques Bouthier aurait monté une opération pour kidnapper la jeune femme.  

Après avoir appris l’existence de la vidéo, l’homme d’affaires aurait ordonnée à une équipe d’enlever Aïcha pour récupérer le film, puis de la renvoyer de force au Maghreb, dont elle est originaire. Parmi les membres de ce groupe, on compte l’épouse de Jacques Bouthier, écrivait l’AFP le 17 juillet 2022, l’une de ses anciennes victimes mais aussi trois agents de sécurité salariés d’Assu 2000 dont l’un est un ancien membre du GIGN (Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale).

Au total, cinq personnes sont mises en examen pour « traite d’êtres humains, viols sur mineures, mais aussi tentative d’enlèvement et de séquestration en bande organisée ».

Des jeunes filles recrutées depuis le Maroc

Une autre affaire, hors de Paris cette fois, incrimine l’ancien patron d’Assu2000. À Tanger, huit des collaborateurs de sa société ont également été mis en examen, notamment pour « harcèlement sexuel ». Plusieurs plaignantes, d’anciennes employées d’un centre d’appel du groupe, ont confié avoir été menacées et intimidées par leurs supérieurs. Elles disent avoir été licenciées après avoir refusé de céder au « harcèlement et aux chantages » de Jacques Bouthier et de ses cadres français et marocains.

À ce jour, Jacques Bouthier est visé par sept plaintes pour « traitre d’êtres humains, harcèlement sexuel et violences verbales et morales ». Selon les victimes il se rendait régulièrement au Maroc pour y recruter des jeunes filles afin d’avoir des relations sexuelles avec elles, avec la complicité de ses managers.

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