Arman Méliès chante sa vision fantasmée de la Californie des sixties dans "Laurel Canyon"

La scène culturelle californienne de la seconde moitié des sixties a depuis toujours suscité une fascination sans limites. Ses artistes célèbres, qu’ils soient issus du folk-rock psychédélique ou de la littérature beat generation ont largement contribué au mythe. Une effervescence dans le monde des arts, cinématographique, musical, littéraire, qui rêvait de changer le monde.

Arman Méliès en livre une vision fantasmée dans son dernier album Laurel Canyon, du nom de ce quartier incontournable de Los Angeles où s’est joué une grande partie de l’histoire de ce mouvement. Plutôt qu’une approche documentaire ou citationnelle, le chanteur-auteur-compositeur a préféré une galerie de portraits à travers une ambiance très cinématographique.

Un album conçu comme un film

Dès les premières notes du premier morceau Avalon, on est immergé dans une atmosphère semblable à un film. Les couleurs musicales aussi bien que les textes évoquent instantanément des images sur grand écran. L’écriture et la composition d’Arman Méliès pour le théâtre n’y sont sans doute pas étrangères. Une façon de concevoir la musique aussi comme une bande son.

Avec le théâtre, j’ai travaillé cette approche plus paysagiste de la musique

En travaillant sur cet album, le musicien s’aperçoit qu’il fait écho à ses deux précédents disques, centrés autour de la thématique des espaces américains : Roden Crater, au croisement d’un volcan éteint en Arizona et de l’œuvre du plasticien James Turrell, et Basquiat’s Black Kingdom, inspiré par un voyage à New York. Le quartier mythique de Los Angeles lui apparaît alors comme une évidence : Laurel Canyon sera le final d’une trilogie américaine.

Et cette ambiance cinématographique trouve son aboutissement dans la dernière chanson, qu’Arman Méliès a pensé comme le générique de fin. Juste après le morceau-titre au climat crépusculaire, Vise le cœur clôt l’album sur un note lumineuse. Et tout comme l’auteur, on imagine aisément les noms défilant sur l’écran, à l’écoute de ce morceau clair et fluide.

Des portraits rêvés

Laurel Canyon est constitué de portraits qui peuvent rappeler certains artistes connus, mais Arman Méliès les a préférés imaginaires. Une galerie de chimères, lui-même n’ayant jamais visité ce quartier qui a vu éclore une partie de la mythologie des sixties californiennes.

Je trouvais intéressant de garder le prisme du Français qui rêve de ce lieu

Un duo avec Hubert-Félix Thiéfaine

Parmi ces portraits instantanés sur un lieu, une époque, l’un d’eux est chanté en duo avec Hubert-Félix Thiéfaine. Une collaboration naturelle pour deux artistes qui travaillent ensemble depuis de nombreuses années. Arman Méliès a en effet signé plusieurs morceaux pour le chanteur écorché, avec qui il partage une couleur vocale très proche.

La voix est d’ailleurs au centre de cet album, après Roden Crater et Basquiat’s Black Kingdom qui étaient quant à eux purement instrumentaux. Une trilogie qui se clôt sur une mise en avant du chanteur et de l’auteur, encore plus que du compositeur.

Je voulais quelque chose de très épuré, un peu brut, un peu rêche, pour laisser beaucoup de place au texte et à la voix

Aujourd’hui, Arman Méliés n’a qu’un rêve: découvrir Laurel Canyon, un lieu sur lequel il a dû beaucoup se documenter pour l’écriture de son album. L’écoute de ce disque ne peut que donner envie d’en faire de même et de s’aventurer dans les pas de cette époque de légende.

“Laurel Canyon” d’Arman Méliès est sorti le 26 février (Royal Bourbon / Bellevue Music). Retrouvez toutes les infos sur sa page Facebook

Source: Lire L’Article Complet