Le musicien de jazz et chanteur Marcel Zanini, connu pour son tube "Tu veux ou tu veux pas", est mort à 99 ans

Le musicien Marcel Zanini, grande figure du jazz français, mais également chanteur de variétés, connu pour son tube Tu veux ou tu veux pas, est mort mercredi à l’âge de 99 ans à l’hôpital à Paris, a indiqué à l’AFP son fils, l’écrivain Marc-Édouard Nabe (pseudonyme d’Alain Zannini).

Jazz à Saint-Germain-des-Prés

Marcel Zanini, né Zannini à Istanbul le 7 septembre 1923, est issu d’un père franco-italien et d’une mère grecque d’Asie mineure, qui avaient quitté la Turquie pour Marseille en 1930.

Arrivé en France, il délaisse vite l’école et enchaîne les petits boulots : mitron, menuisier, garçon de courses… Et tombe un jour sur une affiche de cinéma qui représente Benny Goodman jouant de la clarinette. Il va voir le film et en sort subjugué. Il a alors 19 ans et se met lui aussi à la clarinette. « La première fois que j’ai soufflé dedans, j’ai joué une note. Elle était peut-être fausse mais elle était jazz« , racontait-il avec son humour légendaire. A la fin de la guerre, il intègre le quintette de Léo Missir, qui deviendra plus tard directeur artistique chez Barclay.

Il est emporté par l’explosion du jazz à Saint-Germain-des-Prés à Paris. « Le jazz, c’est toute ma vie. C’est une passion, une maladie. Le jazz, c’est mieux que d’être amoureux« , confiait-il en 2005 à l’AFP. Clarinettiste et saxophoniste ténor, il part même s’installer quatre ans à New York dans les années 50 pour être au plus près des musiciens de légende et fréquenter les boîtes de jazz. Pendant son séjour aux Etats-Unis, où il écrit pour le magazine spécialisé Jazz Hot, il croise Louis Armstrong, Lester Young, Billie Holiday et celui qui l’impressionne le plus, « Bird ». « Avoir vu jouer Charlie Parker, c’est une des plus grosses impressions de ma vie« , disait-il. « Dès les premières notes, il vous touchait droit aux entrailles« .

« Tu veux ou tu veux pas »

Mais davantage que le jazzman reconnu, le grand public garde de Marcel Zanini l’image de ce petit bonhomme facétieux à la Tati ou à la Benny Hill, qui fait irruption à la radio et à la télévision à la fin des années 60 avec une chanson adaptée d’un titre brésilien de Wilson Simonal, Nem vem que não tem,  qu’il enregistre en un quart d’heure… « Tu veux ou tu veux pas / Tu veux, c’est bien / Si tu veux pas, tant pis / Si tu veux pas, j’en ferai pas une maladie », fredonne-t-il devant une paire de cuissardes noires.

Désarmante de simplicité, la chanson – refusée par plusieurs artistes, dont Eddy Mitchell – connaît un énorme succès. Elle est sur toutes les lèvres, y compris de Brigitte Bardot, qui la reprend un an plus tard. Une gloire soudaine (160.000 disques vendus en un temps record) qu’il regarde étonné, par-dessus ses grosses lunettes. Si elle ne lui apporte pas la fortune -« question argent, je suis vraiment passé à côté« -, elle lui confère donc une notoriété énorme. « Et, au bout du compte, bizarrement, cela m’a fait connaître comme musicien de jazz« .

Pendant des décennies après le succès de Tu veux ou tu veux pas, il continue à réaliser des albums de jazz, où il alterne reprises et compositions originales, et à se produire dans les clubs. Parfois accompagné à la guitare par son fils Marc-Edouard Nabe, écrivain devenu sulfureux et exilé en Suisse. « Jamais je n’ai abandonné le jazz. Tous les jours, j’en écoute et j’en joue« .

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