Mouss et Hakim redonnent vie à des textes inédits de Claude Nougaro

  • Mouss et Hakim Amokrane, figures emblématiques du groupe Zebda, sortent un album le 8 octobre Darons de la Garonne, composé sur des textes inédits de Claude Nougaro.
  • Ce 9 septembre, jour symbolique de la naissance du chanteur toulousain, ils présentent un nouvel extrait, Saut de l’ange.
  • Les chanteurs, issus du même quartier que Claude Nougaro et qu’ils connaissaient, ont voulu mettre un peu de leur histoire et leur musique, tout en faisant vivre la poésie du chanteur de Nougayork.

Le 8 octobre, Mouss et Hakim Amokrane, membre du groupe
Zebda, sortent l’album Darons de la Garonne, composé sur des textes de
Claude Nougaro. Ce jeudi, jour de la naissance du chanteur, ils sortent un nouvel extrait, Saut de l’ange. Mouss revient pour 20 Minutes sur cette aventure musicale et humaine.

C’était important de marquer le coup particulièrement ce 9 septembre ?

Claude Nougaro est né le 9 septembre 1929, on a aussi neuf titres sur l’album, même si on aurait pu en mettre un ou deux de plus. C’est aussi symbolique, car c’est à cette date-là, en 2018, que nous avons rencontré Hélène Bignon, sa sœur, qui nous a proposé de nous envoyer des textes inédits après un moment convivial pour célébrer l’anniversaire de Claude à l’invitation de sa fille, Cécile. Trois ans après, on est content de faire vivre ce projet.

Est-ce difficile de s’emparer de textes d’un tel monument de la chanson française ?

C’est une pression réelle d’avoir un cadeau pareil. Au-delà du geste de nous confier ces textes-là, c’est leur qualité et ce qu’ils représentent, la musicalité qu’ils portent en eux. Finalement, plus on travaillait dessus, plus on avait des moments où l’on se disait « il faut être à la hauteur ». Notre objectif est vraiment d’incarner, pas de faire du Nougaro sur du Nougaro, de vivre les textes, de vivre leur poésie et d’essayer de mettre notre histoire. On est dans un rapport de transmission, on est du même quartier que Claude Nougaro, on a eu la chance de le rencontrer, de vivre des moments inoubliables à ses côtés. Jusqu’à ce que lui-même nous écrive un texte en 2002, Bottes de banlieue.

Et ce titre figure sur l’album ?

Oui, pour nous c’est la genèse de la relation qu’on continue à avoir au travers des textes qu’il a laissés. Ce texte nous avait tout de suite hyper ému, tellement il décrivait cet univers dans lequel on a grandi, c’est-à-dire ces quartiers, très vivants, remplis d’empathie, c’est la poésie de Claude Nougaro.

Il y a aussi des textes qui font écho à votre propre parcours ?

C’est incroyable, car le premier texte que l’on reçoit, c’est Le lait caillé. Nous, on a grandi et on a été élevé au lait caillé. Nous sommes des enfants d’une bergère kabyle, installée au quartier des Minimes, elle nous faisait du lait caillé dans l’appartement, elle ne jetait pas le lait qui avait tourné. On reçoit le texte et on se dit, c’est une histoire en commun sur un territoire.

C’est Toulouse bien sûr, mais ce sont les Minimes en particulier. Y compris dans notre conscience politique, on a l’idée qu’on est clos sur un territoire, on le partage, on grandit dessus. On est très attaché à cette notion de tribu, d’être ensemble pour construire quelque chose localement. C’est l’idée que l’on ressent en travaillant sur ces textes.

Est-ce important de transmettre les textes de Nougaro aux nouvelles générations ?

Cela fait partie d’un patrimoine commun. On sait que quand on connaît l’œuvre de Nougaro, on est face à un artiste qui, en partant des Minimes, a été un des premiers à faire un album au Brésil, en Afrique. Un poète qui porte une gouaille qui nous parle, on se retrouve dans sa manière de porter les mots. Dans une tradition de chanson française, il a énormément apporté. Cela reste la plus grande vedette du quartier.

Qu’en a pensé la famille de Claude Nougaro ?

Bien sûr, c’était même le critère le plus important pour nous, que ça nous plaise et que ça leur parle. Qu’ils n’aient pas cette idée qu’on a dévoyé ou qu’on n’a pas relevé ce défi-là. On a eu des retours magnifiques de toute la famille.

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