C’est tout pour moi (France 4) Nawell Madani : "Je me suis battue pour que l’on me respecte"

En 2017, l’humoriste belge réalise son premier film, une comédie largement inspirée de son parcours…

Depuis sa plus tendre enfance, Lila (Nawell Madani) a un rêve secret : devenir danseuse, à l’image de Jennifer Beals dans Flashdance. Elle quitte le domicile parental bruxellois pour se rendre à Paris, où elle compte concrétiser son rêve. Au grand dam de son père, qui ne veut pas que sa fille devienne « une vulgaire saltimbanque »… 

En haut de l’affiche 

Très vite, entre les galères financières et les castings où l’on s’intéresse à ses courbes plus qu’à son talent, le rêve va s’effriter. La désillusion est cruelle : fauchée, elle dort dans sa voiture, se lave dans les piscines municipales, mais ne perd pas la foi. Elle se lance alors dans une carrière d’humoriste, pour voir, enfin, son nom en haut de l’affiche, et faire la fierté de son père… Une rencontre avec Fabrice (François Berléand), professeur de comédie, sévère mais juste, va lui permettre de faire ce grand saut artistique. “Je ne m’en cache pas : ce film retrace l’histoire de ma vie”, explique Nawell Madani. À 34 ans, cette artiste belge d’origine algérienne est une valeur montante de l’humour hexagonal. En 2015, elle a été récompensée aux Globes de cristal pour le Meilleur one-man show. “J’ai voulu raconter mon histoire, en hommage à mes parents. Mon père était chauffeur de taxi, et ma mère, infirmière. Ils ont trimé et se sont privés de vacances pour leurs quatre enfants. J’ai aussi tenu à montrer qu’il ne faut jamais se décourager, et croire dur comme fer en ses rêves. Surtout dans les moments difficiles.”

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L’optimisme avant tout 

Ces coups durs, que l’on retrouve dans de nombreuses scènes, ont jalonné sa vie : à 2 ans et demi, la petite Nawell danse sur la table de la cuisine et chute sur une friteuse. Elle est brûlée au troisième degré, défigurée, perdant des cheveux qu’elle ne retrouvera qu’après treize années de greffes douloureuses. Elle se souvient, non sans émotion : “À l’école, on me surnommait “tête de fesses” ou “chauve qui peut”… Je me suis battue pour que l’on me respecte.” Elle en bave, mais qu’importe : “Cet accident m’a donné un mental d’acier. Sans lui, je n’aurais peut-être pas supporté les épreuves de ma vie et eu l’énergie de réaliser ce film.” Confrontée très tôt à la souffrance, Nawell Madani ne se lamente pas. Aux complaintes, elle préfère le rire et l’autodérision. En 2011, elle entre au Jamel Comedy Club. Nouvelle déception : elle découvre que, sous le vernis de l’irrévérence, le machisme et la misogynie sévissent aussi dans le milieu des humoristes. Un univers impitoyable (où un jeune comique lui pique allègrement ses répliques, les réutilisant dans ses spectacles) qu’elle dénonce à l’écran. Si elle règle ses comptes et frappe juste, Nawell Madani n’en reste pas moins une optimiste acharnée, pétrie de valeurs humaines, comme le sens de la famille ou la transmission par les aînés : “D’où cette belle relation entre Lila et Fabrice, magnifiquement joué par François Berléand. J’ai d’ailleurs choisi cet acteur car il est le comédien préféré de mon père“, confie-t-elle. 

C’est tout pour moi : mardi 8 septembre à 21h05 sur France 4

Jean-Baptiste Drouet 

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