Dorine Bourneton, la femme qui a inspiré « Au-dessus des nuages » sur TF1

  • TF1 diffuse Au-dessus des nuages ce lundi soir, une fiction interprétée par Alice Taglioni, Aïssa Maïga et Lannick Gautry.
  • L’histoire est librement adaptée de l’ouvrage de Dorine Bourneton, victime d’un accident d’avion à 16 ans qui a réalisé son rêve : être pilote de voltige.
  • « Être au service des autres, ça donne du sens au drame que j’ai vécu », confie-t-elle à 20 Minutes.

À l’âge de 16 ans, Dorine Bourneton est victime d’un grave accident d’avion. En raison des mauvaises conditions météo, l’engin se crashe contre le flanc d’une montagne. À son bord, quatre personnes et l’adolescente est la seule rescapée. Dans l’accident, Dorine Bourneton perd l’usage de ses jambes. Son envie de s’envoler dans les airs, elle, reste intacte. À force de combativité et au fil des épreuves qu’elle a surmontées, elle devient la première femme handicapée pilote de voltige aérienne. Son histoire, qu’elle a écrite dans un livre, est à retrouver sur
TF1 ce lundi soir.

Lorsqu’elle a cédé les droits de son ouvrage pour une libre adaptation sur le petit écran, Dorine Bourneton a pris un risque, celui de voir son histoire lui échapper. Pendant deux ans, des rencontres se sont tenues avec la productrice et les auteurs du scénario dans le but de résumer trente ans d’une vie en 90 minutes. Si tous les événements de la fiction n‘ont pas réellement eu lieu, Dorine Bourneton assure que les émotions, elles, sont bien fidèles à la réalité.

Une nouvelle naissance à Toulouse

Durant les deux années qui ont suivi son accident, l’adolescente s’est enfermée dans sa bulle. « Je ne supportais plus rien, j’envoyais tout le monde balader, je parlais mal à mes parents », confie Dorine Bourneton à 20 Minutes. De sa colère est né un sentiment de courage, celui de reprendre les commandes d’un avion malgré le traumatisme de l’accident.

Pour y parvenir, la jeune femme déménage à Toulouse, berceau de l’Aéropostale, où il existe une école avec des avions équipés de commandes manuelles de pilotage. Elle y passe son brevet et commence à participer à des compétitions. Mais Dorine Bourneton vise plus haut et compte bien devenir pilote professionnelle. C’est là qu’elle fait face à un obstacle dont elle ne soupçonnait pas l’existence : c’est un métier interdit aux handicapés. « Je me suis dit que ce n’était pas grave, je n’avais qu’à faire changer la loi », raconte-t-elle en toute simplicité.

Loin de s’imaginer les préjugés qu’il existait autour des handicapés, la mission qu’elle s’était confiée a pris plus de temps que prévu. Venue vivre à Paris, Dorine Bourneton a créé une commission de pilotes handicapés à l’aéro-club de France. Pour l’aider, elle s’est entourée d’une équipe de pilotes handicapés et de professionnels de l’aviation. Au total, il aura fallu sept ans de négociations. En 2003, Dominique Bussereau, secrétaire d’Etat chargé des transports, signe l’arrêté autorisant les personnes handicapées à devenir des pilotes professionnels. À l’âge de 28 ans, elle devient l’un d’entre eux.

Au Bourget, la consécration

Quelques mois après la signature de l’arrêté ministériel, la fan de Jean Mermoz et Antoine de Saint-Exupéry devient maman et décide de s’éloigner des commandes de pilotage d’un avion. Pendant sept ans, Dorine Bourneton arrête de « danser dans le ciel », mais le manque d’adrénaline se fait ressentir. Elle remonte à bord en 2011 et se lance un nouveau défi, voler au salon du Bourget en voltige aérienne.

À 40 ans, Dorine Bourneton est la première femme handicapée au monde pilote de voltige. Lors de la 51e édition, c’est la consécration puisqu’elle parvient à effectuer une démonstration au salon du Bourget. « J’étais hyper concentrée mais j’ai voulu profiter en même temps. Au moment du décollage, j’ai jeté un œil au loin sur la tour Eiffel, j’ai savouré », se remémore-t-elle.

« Pourquoi moi ? »

Aujourd’hui, la pilote est aussi conseillère municipale au Quartier 3 Billancourt – Rives de Seine. En parallèle de son temps d’élue, elle consacre ses journées à l’association qu’elle a fondée, Envie d’envol, pour former d’autres handicapés à la voltige aérienne. Et lorsqu’il lui reste encore quelques heures dans son planning, Dorine Bourneton donne des conférences dans des entreprises et des lycées.

« Quand j’ai eu mon accident, la première question c’était pourquoi moi ? Pourquoi je suis la seule survivante ? Être au service des autres, ça donne du sens au drame que j’ai vécu et qui a bouleversé ma vie et dont on ne se console jamais. » Avec la diffusion d’Au-dessus des nuages, la pilote souhaite une évolution dans le regard que les autres portent sur le handicap.

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