Gérardmer 2020 – Jour 4 : un piège sans fin, une romance impensable et une chambre à éviter d'urgence

Ce samedi 1er février, le festival de Gérardmer accueillait deux nouveaux films en compétition et un ovni, lui, hors compétition. Sans oublier un hommage exceptionnel venu parfaire cette journée riche en fantastique.

Quatrième (et avant-dernier) jour au festival de Gérardmer, où tout espoir de voir la neige pointer le bout de son nez a été abandonné. Pour nous remonter le moral, on peut toujours compter sur le cinéma, en l’occurrence trois films, projetés hier, le samedi 1er février, dans une salle plus remplie que jamais. Il y a tout d’abord l’étourdissant Vivarium, deuxième long-métrage de l’Irlandais Lorcan Finnegan, et l’inventif The Room, mis en scène par le réalisateur français Christian Volckman, tous les deux présentés en compétition. Côté hors compétition, les spectateurs ont découvert l’inattendu Jumbo de Zoé Wittock, introduit par Noémie Merlant et la productrice Anaïs Bertrand en personne. Mais avant de rentrer dans les détails, comment ne pas parler de l’hommage rendu au cinéma fantastique français avec la présence d’une vingtaine de cinéastes emblématiques, montés sur scène pour l’occasion.

Après un montage vidéo de cinq minutes retraçant les œuvres de ces réalisateurs et réalisatrices qui ont marqué nos esprits, David Rault a accueilli les artistes sous les applaudissements du public, avant d’inviter Asia Argento à les rejoindre. De Christophe Gans à Alexandre Aja, en passant par Marina De Van, chacun s’est emparé du micro pour parler de leurs inspirations et de leur attachement pour le festival de Gérardmer. L’hommage s’est clôturé, après une vingtaine de minutes, par une belle photo de groupe. Il fallait bien ça pour immortaliser un tel rassemblement.

Ils sont tous là (ou presque) ! Les plus grandes figures du cinéma de genre français sont sur la scène du festival de Gérardmer dans le cadre de l’hommage “Dans les griffes du cinéma français”. Un événement et un beau moment. #Gerardmer2020 pic.twitter.com/Nkkgo0UMpY

Vivarium, de Lorcan Finnegan

De quoi ça parle ? 

Gemma (Imogen Poots) et Tom (Jesse Eisenberg), un jeune couple de trentenaires, souhaitent acheter une maison et se tournent vers une agence immobilière tenue par un homme mystérieux. Durant leur visite, les clients découvrent un lotissement désert et qui s’étend à perte de vue. Au moment de quitter les lieux, ils se retrouvent piégés dans cet univers parallèle qui leur réserve bien des surprises.

Ça vaut le coup d’œil ?

Inspiré par l’un de ses courts-métrages, Foxes, Lorcan Finnegan plonge le spectateur dans un cycle infernal et cauchemardesque, semblable à un (bon) épisode de La Quatrième Dimension. Dans Vivarium, l’horreur, la vraie, se niche dans les attentes de la société et le conformisme, celui que les personnages tentent à tout prix d’éviter. Visuellement ambitieux, le film réussit à mêler le rire au drame, en passant par la peur, avec un duo d’acteurs qui ne triche pas et dont la complicité transparaît à l’écran. Une réussite. Date de sortie prévue pour le 11 mars.

Jumbo, de Zoé Wittock

De quoi ça parle ?

Timide et victime de moqueries, Jeanne (Noémie Merlant) passe son temps à construire des manèges miniatures dans sa chambre et travaille la nuit comme agent de propreté dans la fête foraine de son village. L’arrivée d’une nouvelle attraction, le Move It, vient renverser la vie de la jeune femme, qui commence à développer une attirance, si ce n’est une obsession, pour la machine.  

Ça vaut le coup d’œil ?

Notre deuxième coup de cœur de cette sélection. Avec un tel sujet pour un premier long-métrage, Zoé Wittock ne choisit pas la facilité et prend le risque de diviser. C’est justement tout ce qui fait la force du film : son histoire osée, qui dérange autant qu’elle peut amuser et émouvoir. La réalisatrice ouvre les portes d’un monde où tous les repères sont brouillés : le village français a des allures de bourgade américaine, Noémie Merlant joue un personnage qui n’a pas d’âge et des objets de notre époque se perdent dans une ambiance inspirée par les années 80 et 90. Difficile de ne pas penser au roman culte de Stephen King, Christine, qui racontait la passion toxique entre un adolescent et une voiture. Mais ici, il n’est pas question d’objet possédé, simplement d’une love story comme vous n’en avez encore jamais vue. Avec Jumbo, Zoé Wittock nous rappelle qu’au cinéma, tout est possible. Attendu dans les salles le 18 mars prochain.

The Room, de Christian Volckman

De quoi ça parle ? 

Tout juste emménagés dans une grande et vieille maison, Kate (Olga Kurylenko) et Matt (Kevin Janssens) découvrent une chambre cachée dans un des murs de la bâtisse. Cette pièce, en apparence banale, leur permet d’exaucer leurs rêves les plus fous. Mais un souhait, formulé par Kate, va venir compliquer les choses et transformer cet endroit en cadeau empoisonné. 

Ça vaut le coup d’œil ?

Christian Volckman choisit, pour son deuxième film, de réinventer le mythe de la lampe du génie, mais vous ne méprenez pas, The Room est tout sauf un conte de fées. Le long-métrage, très premier degré, parvient tout de même à embarquer le spectateur dans son récit rocambolesque grâce à un rythme soutenu et un scénario surprenant. Au cinéma le 25 mars prochain.

Pour découvrir ou relire nos articles et récapitulatifs sur cette 27e édition du festival de Gérardmer, c’est ici.

Source: Lire L’Article Complet