Ils étaient dix : M6 revisite Agatha Christie

Tournée au printemps 2019, Ils étaient dix, adaptation contemporaine de Dix Petits Nègres de la reine du thriller, débarque (enfin) sur M6. À suivre à partir du mardi 17 août à 21 h 05.

Coup de jeune pour Les Dix Petits Nègres – rebaptisé depuis 2020, en France, Ils étaient dix – d’Agatha Christie. M6 dégaine sa version contemporaine du roman policier, composée de six épisodes, disponibles sur Salto depuis octobre 2020. Les habitués de ce thriller et les fidèles des adaptations risquent d’être surpris.

Déjà par le cadre : loin de l’île brumeuse et sinistre, la production de cette fiction a préféré prendre le contre-pied et s’implanter en Guadeloupe. N’imaginez pas pour autant une version Club Med. «Le chef déco a amené un côté jungle. J’avais envie d’une ambiance magie noire, vaudou», nous a expliqué le réalisateur Pascal Laugier lors du tournage au printemps 2019.

Un cadre et des personnages revisités

Son casting cinq étoiles n’est pas en reste. Alors que l’histoire originale suivait sept hommes et trois femmes relativement âgés, ici la parité et la jeunesse sont de mise. D’ailleurs, les personnages n’ont pas grand-chose à voir avec ceux imaginés par la reine du crime. Même si certains ont le même métier que leurs prédécesseurs, leur passé - longuement raconté au cours de flash-backs - et la raison pour laquelle ils ont été invités sur l’île diffèrent totalement.

Néanmoins, ce qui fait le sel de ce polar reste fidèle à l’esprit du roman publié en 1939. Les héritiers d’Agatha Christie y ont veillé. «Ils tenaient vraiment à ce que la mécanique policière soit imparable, qu’on puisse tous les soupçonner», expliquait Sophie Révil, la productrice, qui nous a glissé que chaque épisode a coûté un million et demi d’euros.

Samuel Le Bihan : ”On va manipuler vos émotions”

Qui est votre personnage, Xavier Troussaud ?

SAMUEL LE BIHAN : C’est un ancien militaire extrêmement désabusé, déjà brisé en arrivant sur l’île. Il est impitoyable, très sombre, et ne cherche à s’allier avec personne. Il est même prêt à dresser les autres personnages contre lui.

Qu’est-ce qui distingue cette série d’une autre ?

Ce n’est pas de la télé (rires) ! Il y a tous les codes du cinéma. On propose un univers, on va confronter le public, lui faire peur, le mettre en état de manque parce qu’il voudra connaître la suite. On va manipuler ses émotions.

C’est assez audacieux. Pendant le tournage, vous avez scolarisé votre fille, Angia, en Guadeloupe. Pourquoi ?

J’organise ma vie professionnelle en fonction de ma fille. Si je n’avais pas pu l’emmener, j’aurais dû refuser. Au début, j’ai eu un peu peur. Je ne savais pas du tout comment ça se passerait, comment elle pourrait le vivre, si ça ne créerait pas des zones d’angoisse, parce que les enfants autistes ont besoin de régularité. Mais ça s’est bien passé.

Manon Azem : "Je joue une cagole de banlieue"

«Plein d’éléments m’ont séduite dans ce projet. D’abord, c’est hyper cool d’être entourée d’acteurs que j’adore. Ensuite, la vision de Pascal Laugier : c’est intéressant d’avoir un réalisateur aussi pointu pour une série française. Et enfin, le rôle : c’est la première fois que j’incarne une nana très sexuée, qui joue de son physique et qui est aussi dans la comédie. Cagole de banlieue, Kelly peut paraître cliché mais elle est bien plus complexe…»

Ils ont failli être neuf

Nassim Si Ahmed, qui interprète Malik Alaoui, a failli ne pas être de la partie. «J’avais passé le casting pour le rôle d’Eddy mais je n’ai pas été choisi, raconte-t-il. Le tournage allait commencer dans deux jours quand mon agent m’a appelé.» L’acteur qui devait jouer Romain [devenu Malik] a eu un accident. «J’ai eu cinq minutes chrono pour me décider. Mon agent m’a dit : "Tu pars demain matin à 8 heures pour la Guadeloupe !" »

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