« La Loi de Téhéran » plonge le nez de l'Iran dans la dope

  • « La Loi de Téhéran » adopte le point de vue d’un policier puis celui du trafiquant qu’il traque.
  • Le réalisateur iranien Saeed Roustaee livre un suspense haletant autour des deux hommes.
  • Le film a été récompensé par le jury et par la critique lors du festival Reims Polar.

L’un des meilleurs polars de l’année vient d’Iran. La Loi de Téhéran a remporté le Grand prix et le prix de la Critique au Festival
Reims Polar, deux récompenses méritées.

Le cinéaste Saeed Roustaee, ancien documentariste, a effectué un an de recherche pour comprendre la guerre que se livrent policiers et délinquants dans une ville gangrenée par les trafics meurtriers, où tout contact avec la drogue est passible de la peine capitale. « Nous n’avons jamais envisagé un film de commande à la gloire de la police, mais dresser des portraits d’êtres humains, toxicomanes, trafiquants ou policiers », explique le réalisateur dans le dossier de presse.

Deux points de vue différents

Le film prend d’abord le parti d’un policier sur les traces d’un trafiquant notoire avant d’adopter le point de vue du délinquant. De quoi faire comprendre comment fonctionne un système pourri jusqu’à la moelle où le manichéisme n’a pas sa place. Chacun fait ce qu’il peut pour s’en sortir dans un monde dominé par la drogue et l’argent.

La vision incroyablement sombre de Saeed Roustaee a connu les foudres de la censure iranienne. « Ce film était considéré comme indésirable, nous avons subi des pressions avant le tournage. Une fois qu’il a été tourné, c’est la brigade des stupéfiants qui a cherché à en empêcher la sortie », se souvient-il.

La Loi de Téhéran a finalement obtenu un énorme succès en Iran. Son suspense à fleur de peau rend le film universel. Descentes de police dans des bidonvilles, interrogatoires musclés, cellules de prison bondées et exécutions capitales de masse donnent au spectateur de quoi nourrir ses cauchemars longtemps après que les lumières se sont rallumées.

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