La Troupe à Palmade s’amuse avec… (France 2) François Berléand : "La reconnaissance tardive, je m’en fiche un peu"

Talentueux, humble et généreux, le comédien de 68 ans n’a pas hésité à plonger dans un bain de jouvence au milieu des jeunes protégés de Pierre Palmade.

Comment s’est passée cette collaboration avec la troupe de Pierre Palmade ? 

François Berléand : Au départ, ces jeunes comédiens étaient impressionnés. Je les ai rassurés. Ils ont fini par me tutoyer. Nous avons répété chez moi. Ce fut un travail collectif d’écriture et de mise en scène. J’avais deux sketchs à jouer, celui du beau-père et de la dédicace, on m’en a ajouté un troisième, celui de l’Ehpad. Je me suis plié à tous leurs desiderata. Ce fut une expérience très enrichissante, autant pour eux que pour moi. 

Vous n’êtes pas vraiment un homme de bande. On dit même qu’à vos débuts, vous auriez refusé de rejoindre la troupe du Splendid. Pourquoi ? 

Au départ, il s’agissait de retaper un théâtre. J’avais déjà participé à ce genre d’expérience deux ans plus tôt. J’ai répondu que je ne voulais pas devenir comédien-peintre en bâtiment, je ne me sentais pas l’âme d’un bricoleur. J’ai choisi de rejoindre le théâtre subventionné. À vrai dire, j’ai toujours préféré les grands textes aux saynètes, même si, à mes débuts, au cours Tania Balachova, je montrais déjà des aptitudes à l’improvisation. 

Pourquoi, alors, avoir accepté la proposition de Pierre Palmade ? 

Je voulais relever le challenge. Je venais de terminer les représentations de la pièce Encore un instant, de Fabrice Roger-Lacan, et il y avait bien longtemps que je ne m’étais pas frotté au café-théâtre. J’avais envie de me mettre en danger, et l’invitation tombait à pic. Je remets ça le 15 août. Je participerai, à Aix-en-Provence, à un gala d’hommage à Guy Bedos.

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La transmission, est-ce une valeur importante pour vous ? 

Oui, j’ai même animé des master class. On peut retrouver, sur le web, celle que j’ai dirigée l’an dernier, aux Bouffes Parisiens. J’aimerais en proposer plus souvent, mais mon métier m’accapare beaucoup. La transmission est très importante, voire essentielle. J’ai moi-même beaucoup appris auprès des anciens. 

Comme Michel Serrault, vous faites partie de ces acteurs dont le talent a été tardivement reconnu. Le regrettez-vous ? 

Je trouve la comparaison plutôt flatteuse. Je voue une admiration immense à Michel Serrault. C’est un modèle. D’ailleurs, je rêve d’un grand rôle dans la lignée de La Cage aux folles. Je verrais bien mon auteur préféré, Sébastien Thiéry, me l’écrire. Quant à la reconnaissance tardive, je m’en fiche un peu. Je n’ai pas fait ce métier pour être célèbre. 

En attendant, à la rentrée, vous serez sur tous les fronts… 

À partir du 22 septembre, je jouerai au Théâtre-Antoine, à Paris, avec François-Xavier Demaison, dans la pièce Par le bout du nez. Je tourne ce mois-ci une comédie, La Classe internationale, sous la direction de Frédéric Quiring, avec Audrey Fleurot. Je serai aussi à l’affiche de deux comédies : Les Tuche 4 et On est fait pour s’entendre, de Pascal Elbé. Enfin, côté télévision, je tourne, pour TF1, la saison 5 de Sam, avec Natacha Lindinger. 

La Troupe à Palmade s’amuse avec… : jeudi 20 août à 23h30 sur France 2.

Interview Hacène Chouchaoui 

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