« Le rythme de "joker" me va bien », assure Audrey Crespo-Mara

  • Audrey Crespo-Mara assure, depuis la rentrée, le « portrait de la semaine » dans Sept à Huit, le dimanche soir sur TF1.
  • « Je viens avec une bienveillance, une qualité d’écoute et de regard », déclare la journaliste à 20 Minutes.
  • Alors que son nom apparaît dans la liste des remplaçants potentiels de Jean-Pierre Pernaut aux commandes du 13 heures de TF1, elle répond : « Thierry Thuillier [directeur de l’information du groupe TF1] vient de me proposer un nouveau défi avec Sept à Huit. Je ne vais certainement pas arrêter avant de commencer. »

 

Elle a fait sa rentrée dans Sept à Huit, début septembre. Audrey Crespo-Mara s’occupe désormais du « portrait de la semaine » de l’émission dominicale de
TF1. La journaliste de 44 ans, y aborde l’exercice de l’interview dans un registre plus intimiste. Et si elle a tourné la page, en fin de saison, d’Audrey & Co qu’elle a animé pendant deux ans sur LCI, elle demeure le « joker » d’Anne-Claire Coudray à la présentation des journaux du week-end de la première chaîne. Depuis mardi, son nom circule parmi ceux des remplaçantes et remplaçants probables de
Jean-Pierre Pernaut aux commandes du 13 heures. 20 Minutes l’a contactée ce mercredi matin pour faire un point sur sa rentrée bien chargée.

Comment abordez-vous cette séquence emblématique qu’est le portrait de « Sept à Huit » ?

Je respecte l’ADN de ce moment fort de l’émission. C’est un portrait qui demande une qualité d’écoute, de regard, pour parvenir à obtenir des confidences et une parole sincère de l’invité. Comme Thierry Demaizière et Stéphanie Davoigneau [ses prédécesseurs], je tâche d’avoir cette empathie. Thierry avait un talent fou, Stéphanie avait une forte personnalité, moi j’ai la mienne…

Quelle est la patte Audrey Crespo-Mara ?

C’est très difficile de répondre à cette question. C’est davantage à vous de le dire quand vous regardez le portrait. C’est un écrin formidable parce que c’est l’interview la plus longue – de 10 à 15 minutes – et la plus regardée de la télé – 4 millions de téléspectateurs en moyenne, et la plus confortable puisqu’elle est enregistrée, là où l’invité le souhaite. Pour Jean-Marie Bigard, c’était chez lui. De même, ce dimanche, pour la maman dont l’enfant est convaincu d’être une fille enfermée dans un corps de garçon, c’est sans doute là que les confidences sont les plus fortes. Et mon prochain invité, le chef le plus aimé des Français, Philippe Etchebest, nous a reçus chez lui, dans son restaurant qui, après être resté fermé plusieurs mois en raison de l’épidémie, a rouvert. Il redoute d’ailleurs de devoir le refermer, l’épidémie repartant fortement à Bordeaux.

Vos deux premiers portraits ont, vous venez de le dire, été consacrés à Jean-Marie Bigard et à la maman d’une enfant trans. Pourquoi ces choix, spécifiquement ?

J’aurai à cœur de m’entretenir à la fois avec des personnalités comme Bigard, Etchebest ou Fabrice Luchini que j’interviewerai bientôt, mais également des anonymes qui nous bousculent. Jean-Marie Bigard avait annoncé qu’il serait à la tête de la manifestation des « gilets-jaunes » et il avait lancé en l’air au début de l’été sa candidature à la Présidentielle : est-ce que c’était une blague ou pas ? A travers son portrait, on a compris les ressorts de son engagement actuel. Quant à la maman dont le petit garçon de 8 ans est convaincu d’être une petite fille enfermée dans un corps de garçon, son témoignage nous renvoie à nos propres vies. Et si mon enfant, votre enfant, ressentait cela ? Son témoignage nous a tous bousculés….

Sur les réseaux sociaux, des internautes vous ont reproché de mentionner le nom de naissance de l’enfant. Que répondriez-vous à celles et ceux qui vous reprochent d’avoir manqué de tact ?

Les internautes anonymes ont le don d’envoyer des commentaires parfois violents. A l’inverse, j’ai reçu énormément de messages d’internautes qui me remerciaient pour la délicatesse de ce portrait. J’ai beaucoup échangé avec la maman de « Baptiste », qui aujourd’hui se fait appeler « Lilie ». Tous les deux, la maman et l’enfant, ont été très touchés par le portrait, et m’ont remercié pour ma bienveillance. C’est l’essentiel. Citer le prénom « Baptiste », qui est encore celui de l’enfant à l’état-civil, ne me semble pas indélicat, d’autant que l’objet de ce portrait était justement de faire découvrir, au fil des mois, l’évolution de l’enfant. Je ne suis ni militante, ni procureure, je suis journaliste, et j’ai eu à cœur de recueillir de tels témoignages.

Pour les personnes trans, entendre ce nom de naissance, souvent appelé « dead name », littéralement le « nom mort », peut être violent. C’est ce que des personnes trans expriment.

Oui, mais moi je ne suis pas là pour là pour plaire aux militants. Lilie – vous voyez, je l’appelle Lilie – ne s’appelle pas encore Lilie à l’état-civil. Le changement n’est pas fait aujourd’hui. C’est cela qui est intéressant : cette enfant est en train de se transformer. J’ai reçu beaucoup de témoignages, me remerciant de consacrer un portrait à un enfant qui veut changer d’identité. J’ai aussi beaucoup échangé, avant, pendant et après la diffusion de l’entretien, avec la maman et son enfant, et cela ne leur a posé aucun problème. On peut essayer de faire naître une polémique, mais je crois que ça n’a pas lieu d’être.

Mardi, sur Twitter, vous avez réagi à l’annonce du départ de Jean-Pierre Pernaut de la présentation du « 13 heures » de TF1. Vous disiez votre « grande émotion »…

C’est pour les 13 heures de Jean-Pierre que j’ai réalisé, avec beaucoup de fierté, mes premiers reportages dans une première vie. Je suis arrivée reporter à TF1 en sortant de l’école de journalisme. Depuis vingt ans, nos chemins n’ont cessé de se croiser dans le groupe TF1. Il est incroyable. Il a vraiment inventé son journal – c’est le seul – un 13 heures très ancré dans les régions. C’était une idée géniale, qui est toujours aussi forte, plus de trente ans après. C’est une page qu’il choisit aujourd’hui de tourner et quelle page : trente-trois ans avec des audiences toujours au firmament !

Votre nom est évoqué parmi les successeurs possibles. Etre titulaire du « 13 heures » de TF1, ça vous dirait ?

Mon envie n’est pas la question. C’est Thierry Thuillier, le patron de l’Info, et Gilles Pélisson, le patron de TF1, qui choisiront la personne qu’ils jugent la plus à même de reprendre le flambeau ! Mais, Thierry vient de me proposer un nouveau défi avec Sept à Huit ! Je ne vais certainement pas arrêter avant de commencer.

Vous avez été approchée ? Il y a eu des premières discussions au sujet du « 13 heures » ?

Imaginez l’indélicatesse de répondre à une telle question alors que Jean-Pierre est en train de tourner une page de plus de 30 ans…

Vous êtes le « joker » d’Anne-Claire Coudray pour les journaux du week-end. Il y a trois ans, vous disiez en interview que vous ne vouliez pas rester « joker » toute votre carrière mais plus récemment, vous affirmiez que cela vous allait très bien…

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Ce rythme me va bien aujourd’hui. Je m’y suis faite. C’est toujours un bonheur, je le dis et je le redis, de retrouver la rédaction de TF1 où j’ai grandi, où j’ai passé plus de dix ans avant de commencer l’antenne sur LCI, tout en ayant, le reste de l’année, un très beau projet qui est le portrait de Sept à Huit.

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