Mort de Richard Donner : Spielberg, Gibson, Kevin Feige et d'autres lui rendent hommage

L’annonce du décès ce lundi de Richard Donner, cinéaste très respecté dans le paysage hollywoodien, à l’âge de 91 ans, a logiquement suscité une vague d’hommages et d’émotion.

C’est un grand nom de la pop-culture qui vient de s’éteindre. L’Américain Richard Donner, réalisateur de la saga L’Arme fatale, du premier Superman ou encore de la comédie d’aventure Les Goonies, est mort ce lundi à l’âge de 91 ans. Une information communiquée par sa femme Lauren Schuler Donner, qui n’a pas révélé les causes du décès.

Si Richard Donner n’a jamais été un auteur, il fut en revanche l’un des artisans les plus chevronnés et respectés dans le paysage hollywoodien. L’annonce de son décès a logiquement suscité une pluie d’hommages.

A commencer par celui de son vieux complice et ami, Steven Spielberg. “Dick avait une maîtrise si puissante de ses films et était si doué dans tant de genres” se souvient le cinéaste, qui a écrit l’histoire sur laquelle Les Goonies est basé, dans un communiqué.

“Être dans son cercle s’apparentait à passer du temps avec votre entraîneur préféré, le professeur le plus intelligent, le facteur de motivation le plus féroce, l’ami le plus attachant, l’allié le plus fidèle et, bien sûr, le plus grand Goonie de tous. […] Je ne peux pas croire qu’il soit parti, mais son rire rauque et chaleureux restera toujours avec moi”.

Steven Spielberg reflects on the passing of Richard Donner, friend, and beloved director of THE GOONIES for Amblin Entertainment, who passed away today at 91.#RichardDonner #TheGoonies pic.twitter.com/6KSmKvWqVI

Sean Astin, inoubliable Mickey Walsh de la bande des Goonies, a salué la mémoire du cinéaste, “qui avait la voix la plus grosse et puissante que vous puissiez imaginer. Il savait capter l’attention et faire rire comme aucun autre. […] Ce que j’ai perçu en lui, en tant qu’enfant de 12 ans, c’est qu’il se souciait des autres. […]” écrit le comédien sur son compte Twitter, terminant son message par le cri de ralliement de la bande : “Goonies Never Say Die”.

Richard Donner had the biggest, boomiest voice you could imagine.

He commanded attention and he laughed like no man has ever laughed before. Dick was so much fun. What I perceived in him, as a 12 year old kid, is that he cared. I love how much he cared.

– Goonies Never Say Die

“C’est avec une très grande tristesse et un coeur horriblement lourd que je partage la nouvelle tragique concernant mon cher ami, mentor, un vrai père […] Il fut là dans les moments de ma vie où personne d’autre ne fut là pour moi” a écrit Corey Feldman, alias Bagoo, de la bande des Goonies, dans une série de Tweets.

IT IS WITH TREMENDOUS SADNESS & A HORRIBLY HEAVY HEART I MIST SHARE THE TRAGIC NEWS OF MY DEAR FRIEND, MENTOR, & THE CLOSEST THING I EVER HAD 2 A REAL FATHER, THE AMAZING RICHARD DONNER HAS PASSED AWAY 2DAY! I JUST SPOKE W LAUREN, & FOUND HE DIED @ HOME.. https://t.co/Q9QiRpy0v9

Drew Struzan, le légendaire créateur d’affiches de films fétiche de George Lucas et Steven Spielberg, avait justement créé plusieurs affiches pour Richard Donner, notamment celle, culte, des Goonies, mais aussi celle du formidable film de Fantasy, Ladyhawke. “Merci pour le fun, la magie, les frayeurs, l’aventure et la joie que tu nous a apporté. Tu vas nous manquer”.

#RichardDonner Thanks for the fun, magic, scares, adventure, soul searching and joy your films brought us. We will miss you!

😢 pic.twitter.com/ydAiNmrkCR

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Tête d’affiche de la saga de L’arme fatale, Mel Gibson tourna avec Donner quatre opus de la franchise, mais aussi le thriller Complots, sorti en 1997, ainsi que la comédie western Maverick, où il avait pour partenaire Jodie Foster.

Dans un communiqué transmis au site Deadline, Gibson se souvient d’une “personne magnanime de coeur et d’âme” : “Donner ! Mon ami, mon mentor. Les choses que j’ai pu apprendre de lui ! Il a façonné son talent et sa grandeur avec une énorme part d’humilité, parlant de lui-même comme un “simple agent de la circulation”.

Il a laissé son ego à la porte et a exigé la même chose des autres. Il était magnanime de cœur et d’âme, qu’il a généreusement offerte à tous ceux qui le connaissaient. […] Il va beaucoup me manquer, avec tout son esprit malicieux et sa sagesse”.

Complice de Gibson dans la saga de L’arme fatale, Danny Glover, alias Roger Murtaugh, a “le coeur brisé”. “Travailler avec Dick Donner, Mel Gibson et l’équipe de L’arme fatale, a été l’un des moments les plus forts de ma carrière.

Je lui serai éternellement reconnaissant pour le souci qu’avait Dick envers moi, pour ma vie et ma famille. Nous étions amis et nous nous aimions bien au-delà de la collaboration pour l’écran et le succès que nous a apporté la franchise L’arme fatale. Il va tellement me manquer” a écrit le comédien dans un communiqué.

Edgar Wright, grand admirateur du cinéaste, a salué comme il se doit l’artiste disparu. “Le grand cœur et le charme rayonnant de Richard Donner ont brillé dans ses films à travers les performances remarquables de son casting, ce qui n’est pas une mince affaire ” écrit Wright sur son compte Twitter.

“Vous vous souvenez de tous les personnages de Superman, L’arme fatale, les Goonies et plus encore, car Donner savait comment capturer cette magie à l’écran”.

Richard Donner’s big heart & effervescent charm shone in his movies through the remarkable performances of his cast, which is no mean feat. You remember all the characters in Superman, Lethal Weapon, The Goonies & more, because Donner knew how to capture that magic onscreen. 1/3 pic.twitter.com/7NDH9kKnQZ

Kevin Feige, le PDG de Marvel Studios, s’est fendu d’un bel hommage, soulignant l’impact qu’a eu Richard Donner sur sa carrière. “Richard Donner m’a non seulement fait croire qu’un homme pouvait voler, il m’a fait croire que les personnages de bandes dessinées pouvaient prendre vie sur grand écran avec cœur, humour, humanité et vraisemblance.

Par dessus tout, il m’a appris que cela peut et doit être fait avec respect, bienveillance et gentillesse envers tout le monde devant et derrière la caméra. Dick et Lauren sont devenus des mentors au début de ma carrière et des soutiens clés tout au long de la naissance du MCU.

Je dois ma carrière à la façon dont ils ont pris le temps d’éduquer et d’enseigner à un enfant du New Jersey qui ne savait pas très bien utiliser un télécopieur ou préparer du café. J’ai toujours pensé que Dick était immortel. Je le sais toujours. Mes pensées vont à Lauren et à toute la famille”.

pic.twitter.com/5a4kvN4UyZ

De son côté, l’acteur – réalisateur Kevin Smith, grand geek devant l’éternel, a tweeté que “Richard Donner a fait du diable un enfant dans La Malédiction, a inventé le film de bande dessinée moderne avec Superman et a réinventé le buddy movie avec L’arme fatale. Je l’ai rencontré l’année dernière au sujet d’un projet. Il était un conteur né. Merci pour tous les films, Dick !”

Richard Donner made the devil a child in The Omen, invented the modern day comic book movie with Superman, and reinvented the buddy cop movie with Lethal Weapon. I got to meet with him last year about a project. Guy was a natural born storyteller. Thanks for all the flicks, Dick! https://t.co/pjC9dbSkbt

James Mangold, qui s’active actuellement à mettre en boîte Indiana Jones 5, a réagi à l’annonce du décès, en soulignant l’importance du mot “vraisemblance” “À mon avis, ce mot renferme la première priorité et l’objectif d’un réalisateur, quel que soit le genre ou le style. Et Dick Donner l’a réalisé maintes et maintes fois, dans toutes sortes de films. Ce n’est pas facile. Il faut de l’art. RIP Richard Donner”.

To my mind this word captures the first priority and goal of a film director, regardless of genre or style. And Dick Donner achieved it time and time again, in all sorts of films. It’s not easy. It takes artistry. RIP Richard Donner. https://t.co/I6SInbMKr7

Superman, Les Goonies, L’Arme fatale, Ladyhawke, La Malédiction… C’est un certain savoir-faire, et une efficacité tout hollywoodienne, qui disparaissent avec Richard Donner” a écrit La Cinémathèque française sur son compte Twitter. On pourrait tristement ajouter aussi que, pour beaucoup, c’est tout un pan de notre jeunesse cinéphilique qui s’en est allé…

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