"On est du côté des frères Lumière, du côté de l’enregistrement de la vie" : les frères Dardenne reçoivent le prix Lumière 2020

Deux frères récompensés par un prix inspiré d’une autre fratrie. Jean-Pierre et Luc Dardenne ont reçu ce vendredi 16 octobre à Lyon le prix Lumière, du nom des inventeurs du cinéma, Louis et Auguste Lumière. Un honneur pour les réalisateurs belges qui se sont confiés à notre confrère de France 3 Rhône-Alpes, Julien Sauvadon.

Ils sont les rois de Cannes (ils ont reçu cinq prix sur la Croisette dont deux palmes d’or pour Rosetta en 1999 et L’enfant en 2005) mais cette fois, c’est à Lyon, berceau du cinéma, que les frères Dardenne sont célébrés. Les deux réalisateurs belges ont donc reçu vendredi soir le prix Lumière. Une récompense à la saveur particulière : “C’est quand même bien pour les frères que nous sommes de recevoir un prix qui s’appelle Lumière et de le recevoir ici, à Lyon”, s’enthousiasme Jean-Pierre Dardenne. “Et surtout, c’est un prix qu’on ne peut avoir qu’une fois”, renchérit son frère Luc, “il est unique !”.

Une oeuvre sociale en quête d’égalité

Un prix unique pour une oeuvre singulière. Qualifié de “social”, le cinéma des frères Dardenne sort de l’ombre ces anonymes confrontés aux difficultés de la vie. Une poésie de la réalité qu’ils tirent en grande partie de leur enfance en Belgique dans une banlieue industrielle  : “On vient d’une famille catholique, mais c’est un catholicisme social. On était pour l’égalité”, explique Jean-Pierre Dardenne.

Rosetta, le film qui leur a valu une palme d’or à Cannes en 1999 et qui les a faits connaître du grand public, raconte d’ailleurs le combat d’une jeune femme pour s’en sortir. Un thème plus que jamais d’actualité par ces temps de crise économique et sanitaire. Mais Luc Dardenne se veut optimiste : “Il y a des enjeux qui sont apparus (…) et qui font qu’on a une jeunesse – j’espère, je me trompe peut-être – qui me semble vouloir dire quelque chose”.

Une jeunesse à laquelle les frères Dardenne ont souhaité donner la parole : lors de leur master class au théâtre des Célestins vendredi après-midi, les réalisateurs ont offert une tribune à deux jeunes précaires issus du monde du spectacle et de celui de la restauration, deux secteurs très impactés par la crise sanitaire actuelle.

Le Festival Lumière se poursuit à Lyon jusqu’au 18 octobre.

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