Quelque chose a changé (France 3) Pierre Arditi et Évelyne Bouix : "Notre métier est un prolongement de notre vie commune"

ARCHIVE. Ensemble dans la vie, Évelyne Bouix et Pierre Arditi l’ont aussi été sur scène pendant un an. Les voilà à nouveau réunis sur le petit écran dans “Quelque chose a changé” la fiction rediffusée ce mardi 12 sur France 3. Entretien croisé…

Que vos retrouvailles télé­visuelles soient considérées comme un événement, cela vous fait plaisir ou vous agace ?

Évelyne Bouix : Cela fait très plaisir ! Ces retrouvailles professionnelles et régulières font partie de nos vies.

Pierre Arditi : Tout est mêlé, chez nous, notre métier n’est qu’un prolongement de notre vie commune. Il n’y a pas vraiment de retrouvailles, plutôt une continuité.

Racontez­-nous la genèse de ce projet, qui semble avoir été écrit pour vous…

Évelyne : C’est le cas. La productrice, Lissa Pillu (elle a produit Le Sang de la vigne, ndlr), voulait nous réunir pour une comédie. Et Jacques Santamaria, scénariste et réalisateur, avait, lui aussi, envie de travailler avec nous. 

Pierre : Il a écrit cette comédie optimiste, poétique, qui dit des choses sur la société, sans donner de leçon de morale. Il faut redevenir iconoclaste ! Si on ne le fait pas, on passe à côté de l’essentiel. Tout cela nous a plu.

Évelyne : Et, ce qui est marrant, c’est que nous jouons un ancien couple, pas un couple à venir.

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N’est-­ce pas un peu masochiste de voir son mari ou sa femme, dans les bras d’un(e) autre ?

Évelyne : Mais pas du tout ! On ne vient pas de se rencontrer, non plus, cela fait trente-deux ans que l’on est ensemble. Et, devant la caméra, nous sommes des acteurs avant tout. Pierre : Grâce à Dieu, nous n’avons jamais été jaloux l’un de l’autre professionnellement.

Qu’y a-­t-­il de vous dans ces personnages ? L’homme, un P­dg en passe d’être évincé et qui réapprend à « respirer » à la campagne, est un passionné de vin. Comme vous…

Pierre : Oui, c’est vrai. Mais c’est anecdotique. Il redécouvre surtout la jouissance de la vie. Les personnages sont très souvent des cousins germains. On passe sa vie à jouer des petits morceaux de soi.

Évelyne : En ce qui me concerne, je dirais la gaieté. Comme elle, je suis quelqu’un de plutôt joyeux. Et puis je suis épanouie, aussi, en empathie avec les gens que j’aime.

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C’est aussi un téléfilm sur le temps qui passe, celui que l’on ne prend pas… Cela vous parle ?

Évelyne : C’est surtout Pierre qui est obsédé par le temps (rires) ! Les hommes sont plus sensibles à cela qu’avant, plus fragilisés. Quant à moi, je ne suis pas dans le registre du regret. Je suis beaucoup plus contemplative que ça.

Pierre : Cela me parle, en effet. Mais, à mon âge, j’ai bien compris qu’il fallait jouir de la vie et de ce que l’on a, sinon, c’est trop tard. Quand c’est parti, ça ne revient plus !

Vos prochaines « retrouvailles » sont déjà planifiées ?

Pierre : Non, pas du tout. Nous avons vécu presque une année entière ensemble au théâtre, avec Le Mensonge, pièce créée par l’écrivain Florian Zeller, puis cette comédie… Nous allons jouer chacun de notre côté, maintenant. Nous ne sommes pas tout le temps à la colle ! Dans la vie privée, oui, mais pas dans la vie professionnelle.

Évelyne : Nous ne cherchons pas à planifier. Cela vient à nous. Ce sera peut-être dans trois, dix ans… Nous n’en savons rien ! 

Quelque chose a changé, est diffusé mardi 12 janvier à 21h05 sur France 3.

Propos recueillis par Olivier Boucreux en 2108

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