« Rocks » fait swinger la solidarité d'ados en difficulté

  • « Rocks » fait partager le quotidien d’une jeune anglaise dont la mère s’est volatilisée.
  • La réalisatrice Sarah Gavron a choisi la carte du réalisme tandis que son héroïne tente d’échapper aux services sociaux.
  • Le naturel prodigieux des jeunes actrices amatrices est l’atout majeur du film.

A 15 ans, Rocks, l’héroïne qui donne son titre au film de
Sarah Gavron, n’a pas une vie facile. Sa mère a subitement disparu laissant l’adolescente seule avec son jeune frère face aux services sociaux

La réalisatrice britannique des Suffragettes et de Rendez-vous à Brick Lane a réuni une équipe de jeunes non professionnels pour raconter cette histoire d’enfance en danger et de solidarité entre adolescents.

Une tranche d’âge captivante

Ses interprètes, Sarah Gavron les a choisies parmi des élèves de 3e et de 4e du centre de Londres. « Il y a quelque chose de captivant dans cette tranche d’âge, où s’exerce un changement assez radical, tant physiquement que dans la façon de voir le monde », précise-t-elle dans le dossier de presse. Autour de son héroïne débrouillarde, incarnée par la force de la nature Bukky Bakray, la réalisatrice a bâti un récit puissant où de filles de différentes origines témoignant de la diversité de la société anglaise et plus particulièrement d’Hackney, quartier de Londres où le film a été tourné.

Des ateliers pour se former

La réalisatrice a fait travailler ses actrices dans des ateliers de comédie afin qu’elles soient à l’aise devant la caméra. Elle a aussi veillé à filmer les scènes dans l’ordre chronologique, ce qui est inhabituel, et à ne leur fournir les éléments du scénario les concernant que la veille du tournage. « Cette liberté a pour conséquences que nous nous retrouvions parfois avec 45 minutes d’images pour une scène de deux minutes », se souvient Sarah Gavron. Le résultat est qu’elles sont toutes étonnantes de naturel. « Sur ce film l’essentiel de mon travail a consisté à écouter et trouver un moyen d’intégrer les idées de chacune pour être au plus près de la réalité », confie la cinéaste.

Des personnalités bien trempées

Le spectateur a bien vite l’impression de faire partie de la petite bande, tant toutes parviennent à exprimer leurs personnalités bien trempées. Ces filles sont épatantes, mais il ne faut pas oublier le petit frère craquant de l’héroïne, joué par D’angelou Osei Kissiedu, 7 ans au moment du tournage. Avec eux, Sarah Gavron brosse un tableau passionnant d’une Angleterre où des oubliés de la société s’entraident dès leur plus jeune âge. Son Rocks est une fort belle surprise !

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