TÉMOIGNAGE. "La baguette magique qui a changé ma vie", comment Zach a compris à 15 ans qu’il était transgenre

Jeune homme transgenre âgé de 20 ans, Zach témoigne de la violence qu’il y a à naître dans un corps qui n’est pas le sien dans Trans-Uniques en leur genre, jeudi 6 octobre à 21 h 10 sur M6.

Vous êtes né fille sans jamais vous sentir fille.

ZACH: Jamais. Pour moi, j’ai toujours été un garçon. Petit, ma mère m’a toujours laissé être ce «garçon manqué» qui préférait le foot, ne s’habillait pas comme une fille et choisissait toujours un avatar de garçon pour les jeux sur console. C’est à l’adolescence, avec la puberté, que le mal-être est arrivé. Quand des seins ont commencé à pousser, je n’ai pas compris. Pourquoi mon torse ne restait pas plat comme celui des autres garçons ? Ça tournait sans fin dans ma tête.

Évoquez-vous alors ce questionnement avec votre mère ?

Non. Elle capte un problème parce que je passe ma vie, du CM2 à la fin du collège, été comme hiver, en pull extra-large. Jamais un soutien-gorge bien sûr, mais jamais un tee-shirt non plus, même à la plage, même pour dormir. Elle pense que c’est lié à mon côté garçon manqué, ça ne va pas plus loin.

Quand comprenez-vous que vous êtes transgenre ?

À 15 ans, en tombant sur la vidéo d’un youtubeur qui raconte son histoire. D’un coup, j’ai compris : je vivais la même chose. J’étais né par erreur dans un corps de fille, mais j’étais un garçon. Cette vidéo, c’est la baguette magique qui a changé ma vie.

Quand commencez-vous à en parler ?

À l’époque, je suis en troisième dans un internat. Je commence à en parler progressivement, à mes amis, à quelques professeurs. Dans le même temps, je me suis lancé dans des recherches intensives sur la transidentité et la transition. Au bout de neuf mois, j’étais prêt pour en parler à ma mère.

Comment a-t-elle réagi ?

En fait, je lui ai écrit un long SMS qu’elle a lu à côté de moi. Quand elle l’a fini, elle m’a pris dans les bras. La première chose qu’elle m’a demandée c’est : «Comment je peux t’aider à te sentir mieux ?» Et on a commandé ensemble des binders (brassières compressives, ndlr) pour que je puisse enfin mettre des tee-shirts !

Vous envisagez immédiatement une transition, hormonale et chirurgicale ?

Oui. J’y ai réfléchi pendant neuf mois. Je suis allé voir un psychiatre, un endocrinologue… Le parcours est long, si long que j’ai dû passer par le secteur privé pour commencer la prise de testostérone. Aujourd’hui, après l’hystérectomie, il ne me reste plus qu’une phalloplastie pour laquelle je suis sur liste d’attente.

Vous avez également obtenu le changement de prénom sur votre carte d’identité…

Oui, ce qui fait que je n’ai jamais eu à vivre des situations compliquées, en classe ou pour un entretien d’embauche.

Pourquoi témoignez-vous ?

Moins pour les jeunes, qui sont très au fait de la transidentité via les réseaux ou Internet, que pour leurs parents. Je veux leur dire qu’avoir un enfant transgenre, ce n’est pas une fin mais un début. Accompagnez-les.

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