VIDEOS. Mort de Bertrand Tavernier : huit films inoubliables du grand cinéaste

Bertrand Tavernier, disparu ce jeudi 25 mars à l’âge de 79 ans, est emblématique d’une “qualité française”, entre films d’auteur et populaires. Il aimerait sans doute ce rapprochement, lui, admirateur du scénariste Jean Aurenche, de Duvidirectvier, de Renoir, et du cinéma américain.

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Flash-back sur huit films majeurs d’un cinéaste incontournable et passionné du cinéma français.

“L’Horloger de Saint-Paul”

Premier long métrage en 1974, L’Horloger de Saint-Paul, est aussi la première collaboration de Bertrand Tavernier avec Philippe Noiret qu’il retrouvera souvent. Adapté de Simenon, ce premier film est un hommage à sa ville natale de Lyon, et des frères Lumière. Il la filme avec amour, dans un polar où un père apprend que son fils absent depuis des lustres a assassiné un homme. Atmosphère, atmosphère…

“Que la fête commence”

Tavernier retrouve Noiret en 1975 et l’accompagne de Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle et Marina Vlady, dans une reconstitution historique de la Régence, (1715-20). “Les petits soupers” de Philippe, duc D’Orléans, et du Cardinal Dubois, sont restés dans l’histoire. Quand un hobereau de province réclame l’assainissement des marais de la Dombes, le fâcheux perturbe par trop leurs agapes. Irrésistible.

“Le juge et l’assassin”

Coup de génie de Bertrand Tavernier en 1976, quand il donne à Michel Galabru, étiqueté acteur de comédies, un contre-emploi dans le rôle du tueur en série Joseph Vacher (1869-1898), sous le nom de Joseph Bouvier. Le juge Rousseau, encore Noiret, s’entretient avec lui et participe aux investigations en remontant son parcours de chemineau qui recoupe la liste de ses crimes.

“Coup de torchon”

Casting de rêve que rassemble Tavernier dans Coup de Torchon en 1981, d’après 1275 âmes de Jim Thompson. Noiret et Marielle se retrouvent aux côtés d’Isabelle Huppert, Stéphane Audran et des seconds rôles fabuleux tenus par Guy Marchand, Eddy Mitchell et Gérard Hernandez. Projetés dans l’Afrique coloniale française à la veille de la Seconde Guerre mondiale, tous vont faire les frais d’un flic de base désabusé qui met à l’œuvre sa vengeance.

“Un dimanche à la campagne”

En 1984, son hommage à Jean Renoir et aux Impressionnistes change Tavernier renoue avec ses films plus intimistes comme Des enfants gâtés (1977) et Une semaine de vacances (1980). Sabine Azéma et Michel Aumont y sont les enfants d’un vieux peintre en fin de vie, joué par Louis Ducreux. Une évocation nostalgique et ensoleillée de la Belle Epoque, avant la Première Guerre mondiale, où le réalisateur renouvelle ses talents de cinéaste d’atmosphère.

“Autour de minuit”

Mélomane, et pas seulement pour le cinéma, Bertrand Tavernier filme sa passion pour le jazz avec ce faux biopic du saxophoniste Dexter Gordon qu’il dirige en 1986 dans Autour de minuit. François Cluzet y incarne un nightclubber qui rencontre son idole. Alors qu’il sombre dans l’alcool et la solitude, le sax-ténor va retrouver l’inspiration dans un Paris nocturne, sous l’impulsion de son plus grand fan. C’est toujours l’atmosphère qui domine, dans les lumières tamisées et les effluves de cigarettes nimbées de scotch, sur une musique incontournable, où l’on reconnaît Herbbie Hancock. Un des meilleurs films sur le jazz.

“L.627”

Le cinéaste lyonnais réinvente le polar urbain en 1992 dans L.627, titre référence à la loi contre les stupéfiants en France. Il filme le quotidien d’un groupe de flics en charge de la répression des drogues à Paris. La formule fera recette, notamment à la télévision, et que réemploiera Maïwenn dans Polisse, mais au sein d’une brigade de protection des mineurs. Tavernier révèle du même coup Philippe Torreton qu’il reprendra dans Capitaine Conan en 1996, à la carrière, depuis, mirifique.

“Capitaine Conan”

Deuxième collaboration en 1996 avec Philippe Torreton, Capitaine Conan traite du front de l’est à la fin du premier conflit mondial, dans les Balkans. Conan défendra bec et ongles ses soldats, accusés de pillages et de viols, alors que l’Armistice vient d’être signé, et que sa troupe est toujours mobilisée. Bertrand Tavernier recevra pour son film le César de la Meilleure réalisation en 1997.

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